Comment rester motivé sans attendre la motivation : 31 leviers pour agir, durer et progresser

Chaussures de sport devant une porte ouverte, traversées par un fil doré qui guide vers l’extérieur et symbolise le passage de l’attente à l’action.

Un jour, quelqu’un est venu me voir et m’a dit :

« Kérim, j’ai envie de perdre du poids. Motive-moi. »

Déjà, “perdre du poids”, chez moi, provoque une petite alarme intérieure. Je préfère parler de transformation corps-esprit, de diminution de la graisse lorsque c’est nécessaire, de préservation ou de développement musculaire, de forme, de santé, de bien-être et de performance. Faire simplement descendre un chiffre sur une balance ne me passionne pas beaucoup.

Mais surtout…

« Motive-moi. »

Pardon ?

Pendant une seconde, j’ai presque eu envie de regarder au-dessus de ma tête pour vérifier si quelqu’un n’y avait pas installé une pancarte :

MOTIVATEUR OFFICIEL – SERVICE OUVERT 24 H/24.

Qu’étais-je censé faire ? Arriver avec une trompette ? Courir autour de lui en criant : « Allez ! Tu peux le faire ! » ?

Je peux bien entendu motiver quelqu’un. Mes articles doivent même produire cet effet – je ne sais pas si ça fonctionne sur vous, mais puisque vous êtes encore là, j’aime à croire que je ne m’en sors pas trop mal. Une parole juste peut donner de l’élan. Une musique peut électriser. Une bonne explication peut soudainement donner envie de commencer

Mais après toutes ces années à m’entraîner, à chercher à progresser et surtout à observer les gens avancer, recommencer, s’enthousiasmer puis parfois abandonner, j’en suis arrivé à une conclusion beaucoup plus importante : les personnes qui réussissent durablement n’ont pas besoin d’être constamment motivées.

La motivation est un plus. Parfois un formidable plus. Mais elle reste instable. Elle peut durer une journée, une heure, quelques minutes ou quelques secondes. Elle apparaît parce qu’une idée vous enthousiasme, parce qu’un objectif vous attire, parce qu’une musique vous transporte, parce que vous imaginez ce que votre vie pourrait devenir.

Puis elle repart.

C’est justement ce qui la rend dangereuse lorsqu’on lui confie la responsabilité de toute notre réussite.

Pendant longtemps, je faisais pourtant exactement cela. Lorsque l’heure de m’entraîner approchait, il m’arrivait de chercher de la motivation. Je regardais des vidéos d’exercices sur YouTube. J’écoutais certaines musiques. Je réfléchissais.

« Est-ce que je m’entraîne aujourd’hui ? »

« Est-ce que j’en ai envie ? »

« Est-ce que je suis suffisamment motivé ? »

Et cette discussion pouvait durer. Parfois plusieurs dizaines de minutes. Vous voyez le chef-d’œuvre ? Je pouvais passer 20 minutes à essayer de trouver la motivation nécessaire pour commencer quelque chose que j’aurais pu commencer… 20 minutes plus tôt.

Parfois je finissais par m’entraîner.

Parfois non.

Avec le recul, mon erreur me paraît limpide : je demandais à ma motivation l’autorisation d’accomplir quelque chose que j’avais pourtant DÉJÀ décidé de faire.

Aujourd’hui, je raisonne exactement à l’inverse.

La motivation peut donner son avis. Elle n’a plus le droit de décider.

Vous attendez peut-être la motivation du mauvais côté de l’action

Ce qui va suivre va peut-être vous sembler évident une fois que vous l’aurez lu. Pourtant, croyez-moi : c’est une véritable révélation. On peut passer des années à fonctionner exactement à l’envers sans même s’en rendre compte, alors que l’expérience quotidienne nous montre le mécanisme sous les yeux. Voici donc cette fameuse révélation. Une fois que vous l’aurez réellement comprise – pas simplement lue, mais intégrée –, vous ne regarderez plus la motivation de la même manière. Et je serais même prêt à parier que vous deviendrez rapidement l’une des personnes de votre entourage qui comprend le mieux comment la provoquer au lieu de simplement l’attendre.

Je pourrais presque vous vendre ce secret très cher – comme pas mal de choses que vous apprenez gratuitement dans mes articles, d’ailleurs. Mais bon, aujourd’hui, je suis d’humeur généreuse.

Tenez, cadeau.

La plupart des gens imaginent le mécanisme ainsi :

motivation → action

Vous vous sentez motivé, donc vous commencez.

Cela existe évidemment. Une poussée d’enthousiasme peut parfaitement déclencher une action.

Mais il existe un deuxième mécanisme que je trouve beaucoup plus puissant :

action → expérience → preuve → compétence → confiance → motivation → nouvelle action

Autrement dit, une partie de la motivation que vous attendez avant de commencer peut apparaître après que vous avez commencé.

C’est une distinction capitale.

Imaginez l’éclairage automatique d’une salle. Vous restez devant la porte en disant : « J’entrerai lorsque la lumière s’allumera. » Très bien. Vous risquez d’attendre longtemps. Le détecteur attend justement votre mouvement. Vous faites un pas. Vous entrez. Vous bougez. Et la lumière s’allume.

La motivation fonctionne parfois exactement comme cet éclairage : elle n’éclaire pas toujours l’action avant son commencement ; elle peut s’allumer parce que l’action a commencé.

Même chose avec l’échauffement. Attendre d’être motivé avant de commencer ressemble beaucoup à attendre d’être échauffé avant de commencer votre échauffement. La logique est à l’envers. Vous ne vous échauffez pas parce que votre corps est déjà chaud. Vous vous échauffez précisément pour qu’il le devienne.

Pourquoi demander à votre esprit ce que vous ne demandez même pas à votre corps ?

Certaines journées, vous devez simplement commencer “à froid”. Quelques minutes plus tard, le corps suit, l’esprit suit et parfois l’envie suit également.

On ne commence pas toujours parce qu’on est prêt. On commence parfois pour le devenir.

Cette idée rejoint d’ailleurs un problème bien documenté en psychologie du comportement. Une méta-analyse portant sur 29 600 personnes a retrouvé un important écart entre l’intention d’être physiquement actif et le comportement réellement adopté : une intention favorable ne suffit donc clairement pas à garantir l’action. La vraie question n’est pas seulement « est-ce que je veux ? », mais « comment vais-je transformer ce que je veux en comportement réel ? »

J’ai déjà développé cette relation entre croyance et comportement dans mon article : Croire peut changer vos résultats – mais pas comme vous le pensez.

Ici, je veux aller plus loin sur un point précis : ce qui vous maintient en mouvement lorsque l’émotion du départ n’est plus là.

C’est là que la discipline devient magnifique.

Mais attention : je ne parle pas de sa version caricaturale. Pas de celle qui consiste à vous maltraiter mentalement, à souffrir pour avoir le sentiment d’être méritant ou à transformer votre quotidien en camp militaire. Ce genre de discipline existe, bien sûr, mais ce n’est pas celle qui m’intéresse ici.

Si vous êtes encore en train de me lire, c’est justement que vous cherchez probablement à comprendre ce qui permet de durer sans avoir à vous faire violence chaque jour. Et c’est là que la discipline devient beaucoup plus intéressante :

Construire votre vie de manière à ne plus devoir renégocier continuellement ce que vous avez déjà décidé.

La motivation peut allumer le feu. La discipline apporte le bois. Et l’action entretient les flammes.

Voilà le cœur de cet article.

Les 31 leviers qui suivent peuvent vous aider à retrouver de l’envie, à protéger votre direction, à réduire les négociations inutiles et surtout à agir suffisamment longtemps pour que vos propres progrès commencent à vous motiver.

1. Suivez une direction, pas quelqu’un qui vous donne dix directions à la fois

Lorsque vous cherchez de la motivation, vous devenez particulièrement vulnérable à une erreur : consommer encore davantage d’informations.

Vous ouvrez Instagram. Puis YouTube. Puis TikTok.

Un homme vous explique qu’il faut vous entraîner six fois par semaine. Une femme vous annonce qu’il faut supprimer tel aliment. Un autre vous présente son complément révolutionnaire. Un quatrième jure que votre problème vient du cortisol. Un cinquième vient manifestement de découvrir les mitochondries et semble désormais décidé à nous les faire payer à tous.

Puis arrive, sortie de nulle part, une personne qui aurait enfin trouvé “L’exercice” capable de faire rentrer votre ventre “pour de bon” : le fameux vacuum abdominal. Une autre vous explique pourquoi les “papas de 40 ans” ou les “mamans de 40 ans” n’arrivent pas à avoir des abdominaux – parce qu’apparemment, à 39 ans, votre organisme se trouve encore tranquillement en période d’essai et, le lendemain de vos 40 ans, tout bascule.

Puis vient celui qui vous explique pourquoi les chefs d’entreprise, les coachs, les directeurs ou les entrepreneurs auraient un problème très particulier pour transformer leur corps, comme si ces personnes appartenaient à une espèce biologique différente. Heureusement, lui les connaît. Il en a déjà “coaché”. Et, par un heureux hasard absolument extraordinaire, il possède justement un livre à télécharger pour vous expliquer ce que votre organisme aurait apparemment caché à toute l’humanité jusqu’à son arrivée.

Un autre vous montre ses fesses et vous annonce qu’il suffit de faire cent squats par jour pendant un mois. Puis il vous exhibe fièrement sa photo « avant/après » comme si elle venait, à elle seule, de démontrer que ces trois mille squats avaient construit exactement le résultat que vous voyez. Voilà. L’enquête est close.

Puis quelqu’un d’autre vous explique qu’il faut absolument pratiquer le jeûne intermittent, comme si supprimer volontairement une partie de vos occasions de manger constituait soudainement la solution universelle pour tout le monde. Personnellement, je distingue complètement cela du véritable jeûne religieux, qui possède une dimension spirituelle, une exigence et une discipline d’une tout autre nature. Mais dans la vie quotidienne, soyons sérieux deux minutes : nous sommes nombreux à aimer manger, à être un peu gourmands sur les bords et à vouloir conserver le plaisir de partager de bons repas. Pourquoi faudrait-il forcément transformer cela en problème à éliminer ?

Mais vous, vous vouliez simplement savoir quoi faire cet après-midi.

45 minutes plus tard, vous possédez douze nouvelles opinions et toujours aucune séance commencée. C’est une manifestation typique du Fitness Chaotique : il vous donne tellement de directions qu’il finit par vous immobiliser, puis vous laisse conclure que vous manquez de motivation.

Non.

Vous manquez peut-être surtout de clarté.

Choisissez des personnes et des sources qui vous aident à comprendre, à décider et à devenir progressivement autonome.

Une bonne source ne devrait pas vous donner besoin de revenir toutes les trois heures pour obtenir votre prochaine dose d’enthousiasme. Elle devrait vous donner une direction suffisamment claire pour que vous puissiez ensuite poser votre téléphone et agir.

2. Planifiez votre succès avant que votre humeur ne négocie avec lui

Si vous voulez repeindre votre maison, organiser un voyage important ou construire une entreprise, vous ne comptez pas uniquement sur une illumination spontanée à 15 h 42.

Vous planifiez.

Pourquoi votre transformation physique et mentale devrait-elle être différente ?

La recherche soutient fortement cette logique. Une méta-analyse de 41 essais randomisés regroupant plus de 5 000 participants a montré que les interventions de planification amélioraient l’activité physique. Planifier signifie notamment décider quoi faire, quand, où et comment, mais aussi prévoir ce que l’on fera lorsqu’un obstacle apparaîtra.

Décidez donc de certaines choses lorsque votre esprit est calme.

  • Quels jours vous entraînez-vous ?
  • À quelle heure ?
  • Que faites-vous si votre journée est perturbée ?
  • Quelle version plus courte de la séance pouvez-vous utiliser si votre temps est exceptionnellement réduit ?

Une décision importante prise avec un esprit clair ne devrait pas redevenir chaque jour une négociation simplement parce que votre canapé vient de déposer une contre-offre, façon eBay. Et franchement, vu ce qu’il propose en échange – ne rien faire maintenant et repousser le reste à plus tard – vous pouvez cliquer sur « Refuser » sans même ouvrir les négociations.

3. Utilisez parfois la force d’une autre personne, sans lui remettre votre autonomie

S’entraîner avec quelqu’un peut être formidable. Avec un ami. Un collègue. Un partenaire.

Et lorsque vous partagez votre vie avec quelqu’un que vous aimez, une séance peut même devenir autre chose qu’un entraînement : un moment à deux, avec des regards, des sourires, un peu de complicité et, si vous êtes suffisamment sages, peut-être même quelques bisous entre deux intervalles.

Je vous vois venir.

Restez concentré quand même.

La présence d’un partenaire peut augmenter l’engagement dans certaines situations, mais les données ne montrent pas que l’entraînement en groupe soit universellement supérieur à l’entraînement individuel. Une grande méta-analyse publiée en 2026 n’a pas retrouvé d’avantage significatif global du groupe sur l’activité physique elle-même. J’aime cette nuance.

Utilisez les autres lorsqu’ils vous élèvent.

Mais apprenez également à avancer seul. Votre partenaire peut amplifier votre motivation. Il ne doit jamais en devenir le propriétaire.

4. Arrêtez de confondre “se lever tôt” avec “bien dormir”

J’aime le matin. J’aime cette sensation d’une journée qui commence, cette impression d’avoir encore tout devant soi. Et j’aime dire :

« Le monde appartient peut-être moins à ceux qui se lèvent tôt qu’à ceux qui se couchent suffisamment tôt pour être réellement utiles une fois debout. »

Parce qu’il faut remettre les choses dans le bon ordre.

Se lever à 5 heures du matin après quatre heures de sommeil ne fait pas de vous un “guerrier”. Cela fait surtout de vous quelqu’un qui s’est levé à 5 heures après quatre heures de sommeil.

Les recommandations de consensus pour l’adulte indiquent généralement au moins sept heures de sommeil, avec des besoins individuels qui peuvent être supérieurs.

Personnellement, j’aime viser autour de huit heures lorsque ma vie me le permet. Mais je ne veux pas transformer 8 h 00 en frontière biologique magique. Le principe est plus important :

protégez votre récupération.

Parce que votre volonté travaille beaucoup mieux lorsqu’elle n’est pas continuellement obligée de combattre un organisme épuisé.

5. Abandonnez la perfection avant qu’elle n’abandonne votre projet

Vous n’avez pas besoin d’être parfait. Voilà. Vous pouvez maintenant souffler.

La perfection possède un problème légèrement gênant : elle n’existe pas.

Et vouloir ne jamais rater une séance, ne jamais manger davantage que prévu, ne jamais dormir moins bien, ne jamais connaître de baisse de performance et ne jamais traverser une période compliquée constitue une excellente manière de transformer la moindre imperfection en “échec”.

Je préfère une autre définition de la discipline.

La discipline n’est pas :

« Je ne dévie jamais. »

La discipline est :

« Lorsque je dévie, je sais revenir. »

Une méta-analyse portant sur près de 30 000 participants a retrouvé une association positive entre autocompassion et comportements favorables à la santé. La bienveillance envers soi-même ne signifie donc pas se laisser aller ; elle peut au contraire aider à mieux rebondir après une difficulté.

Soyez exigeant sur votre direction. Pas cruel avec vous-même lorsque le trajet n’est pas parfait.

6. Rendez vos progrès visibles

Vous voulez une motivation plus solide ?

Donnez-lui des preuves.

Ne vous contentez pas de demander à votre cerveau :

« Est-ce que je crois que ça marche ? »

Montrez-lui quelque chose.

  • Une répétition supplémentaire.
  • Une meilleure technique.
  • Une récupération plus rapide.
  • Un vêtement qui tombe différemment.
  • Une meilleure énergie.
  • Une habitude tenue plus régulièrement.
  • Une séance accomplie un jour où vous n’aviez aucune envie de commencer.

La meilleure motivation que je connaisse porte rarement des écouteurs, ne crie pas dans une vidéo et ne vous promet rien.

Elle s’appelle progrès.

Les recherches sur le feedback vont dans cette direction : rendre le progrès visible et exploitable peut renforcer les interventions comportementales.

J’aime dire que les preuves sont les reçus de l’action.

Avant d’agir, vous pouvez espérer, croire, vous promettre que cette fois vous allez tenir.

Après avoir agi, vous pouvez dire :

« J’ai commencé. J’ai tenu. J’ai appris. J’ai progressé. »

À ce moment-là, votre confiance n’a plus besoin de vous croire sur parole : elle possède enfin une preuve en main.

7. Entourez-vous de personnes qui vous tirent vers le haut – ou devenez la première

Votre environnement compte.

Si chaque fois que vous annoncez une bonne décision, quelqu’un vous explique pourquoi elle ne durera pas, pourquoi vous en faites trop, pourquoi vous devriez “profiter de la vie” – traduction parfois très libre de « fais exactement comme moi, ça me rassurera » – votre trajectoire devient plus difficile.

Je ne vous demande pas de supprimer la moitié de votre répertoire téléphonique. Je vous demande de voir clairement l’influence de votre entourage.

Cherchez des personnes qui possèdent les qualités que vous admirez et qui ont construit une vie que vous respecteriez réellement.

Ne cherchez donc pas simplement quelqu’un avec un ventre sec ou quelqu’un capable de réciter ses calories avec six décimales et de devenir désagréable dès qu’une pomme pèse douze grammes de trop. Je parle de personnes solides. Heureuses autant que possible. Fiables. Cohérentes.

Et si vous n’en trouvez pas immédiatement ?

Commencez par devenir vous-même cette personne. Quelqu’un doit bien être le premier.

8. Partagez davantage vos preuves que vos promesses

J’aime partager les réussites. Je pense même qu’il faut apprendre à reconnaître ce qui va bien au lieu de construire des conversations entières autour de ce qui va mal.

Mais avec les années, j’ajoute une nuance importante : partagez surtout ce que vous avez réellement commencé à construire.

Annoncer publiquement une grande intention peut parfois procurer une forme de satisfaction prématurée. Et avant de croire que c’est forcément une bonne idée simplement parce que tout le monde le fait, j’aimerais que vous écoutiez attentivement ceci : des expériences menées par Peter Gollwitzer et ses collègues ont montré que certaines intentions liées à l’identité, lorsqu’elles sont déjà reconnues socialement, peuvent ensuite être traduites moins intensément en action.

Autrement dit, ne prenez pas le trophée mental avant d’avoir commencé la course.

On voit souvent la scène : quelqu’un décide de se remettre au sport et, dès le premier jour, annonce presque au monde entier qu’il est devenu une nouvelle personne. Nouveau départ. Nouvelle identité. Nouvelle vie. Il ne manque plus que la bande-annonce.

Le problème, c’est qu’avoir commencé quelque chose ne signifie pas encore que vous êtes devenu quelqu’un de différent.

Ne parlez pas plus vite que votre identité.

Une identité se construit, se confirme et se renforce avec le temps, par des actes répétés, des preuves et des comportements cohérents. Commencer à vous entraîner ne fait pas encore de vous un sportif accompli. Commencer à mieux manger ne signifie pas encore que votre mode de vie a changé. Commencer un projet ne signifie pas encore que vous êtes devenu la personne capable de le mener jusqu’au bout.

Laissez d’abord vos actions parler suffisamment longtemps pour que votre identité puisse ensuite les rejoindre.

Vous voulez courir votre premier 10 km ?

Très bien. Courez. Entraînez-vous. Construisez quelque chose. Puis partagez vos avancées si cela vous aide.

Récompensez l’action accomplie, pas uniquement l’identité annoncée.

9. Sachez ce que vous voulez vraiment

Si vous me dites : « Je veux perdre du poids », je risque de vous regarder quelques secondes avec une légère douleur intérieure. Pas longtemps, rassurez-vous. Je survivrai. Mais je la sentirai quand même.

Parce que “perdre du poids” ne dit presque rien. Vous pouvez perdre de l’eau, du glycogène, de la graisse, du muscle… ou un mélange de tout cela.

Qu’est-ce que vous voulez réellement ?

  • Réduire votre masse grasse ?
  • Préserver ou développer vos muscles ?
  • Avoir davantage d’énergie ?
  • Vous sentir mieux dans vos vêtements ?
  • Devenir plus fort ?
  • Plus rapide 
  • Plus puissant ?
  • Plus séduisant ?
  • Plus fier de votre manière de vivre ?

Chez CorpsFiit®, l’objectif final est beaucoup plus vaste : révéler votre plus belle version sportive, avec un corps et un esprit qui progressent ensemble.

Soyez honnête.

Un objectif édulcoré produit souvent une direction édulcorée.

Si vous voulez quelque chose, osez au moins vous l’avouer.

10. Ne soyez pas “à fond” partout : donnez-vous à fond au bon endroit

Cette distinction me tient énormément à cœur.

Être constamment “à fond” est impossible. Se donner à fond intelligemment est autre chose.

Prenez un sprint. Vous pouvez produire un effort très intense pendant un temps adapté, récupérer, puis recommencer. Ce n’est pas la même chose que partir comme un missile pendant deux minutes, exploser, puis passer trente minutes à raconter à quelqu’un à quel point les deux premières minutes étaient extraordinaires.

Dans l’entraînement comme dans la vie, je cherche l’effort juste. Parfois très intense. Parfois beaucoup plus calme. Parfois la meilleure décision est même de récupérer.

Ma devise reste :

s’exercer dur, s’exercer intelligemment et y prendre du plaisir.

Si votre système vous oblige à détester chaque seconde du trajet pour espérer aimer uniquement l’arrivée, regardez d’abord le trajet.

Le problème n’est peut-être pas votre objectif. Le problème peut être votre méthode.

11. Trouvez une phrase qui vous remet instantanément dans votre direction

Une devise ne remplace pas une stratégie. Mais elle peut rappeler une stratégie. C’est toute la différence.

La recherche sur le self-talk – les paroles que l’on s’adresse à soi-même – retrouve un effet positif modéré sur certaines performances sportives, particulièrement lorsque cette technique est réellement travaillée.

Votre devise peut devenir un raccourci mental.

Chez CorpsFiit®, certaines phrases remplissent précisément cette fonction.

Toujours en progrès

Ou encore :

s’exercer dur, s’exercer intelligemment et y prendre du plaisir.

Une phrase juste peut vous rappeler en quelques secondes une manière entière de penser. Elle ne vous transporte pas jusqu’à votre objectif : elle vous rappelle simplement où se trouve la route.

12. Commencez exactement là où vous êtes

Une des erreurs les plus démotivantes consiste à commencer au niveau où vous aimeriez déjà être.

Vous voyez quelqu’un courir vite. Vous voulez courir aussi vite. Vous voyez quelqu’un soulever lourd. Vous voulez commencer lourd. Vous voyez un programme avancé. Vous pensez qu’un programme débutant serait presque insultant.

Non.

Ce qui serait insultant, ce serait de saboter votre progression pour protéger votre ego.

Vous voulez sprinter ?

Commencez par être capable de marcher, courir et accélérer correctement.

Vous voulez devenir très fort ?

Construisez la technique, la tolérance, la régularité et les adaptations nécessaires.

Les interventions utilisant une difficulté progressive sont justement étudiées comme moyen de favoriser l’activité physique et le sentiment de compétence.

Votre niveau actuel n’est pas une humiliation : c’est votre ligne de départ.

13. Construisez des habitudes qui continuent lorsque l’envie s’absente

Voici l’un des grands changements dans ma propre manière de vivre.

Avant, je voulais savoir si j’étais motivé. Aujourd’hui, certaines actions font simplement partie de ma vie. Et cette évolution change tout.

  • Un emploi du temps.
  • Des horaires habituels.
  • Un environnement préparé.
  • Des comportements répétés.

À un moment, vous cessez progressivement de décider à partir de zéro.

Les interventions visant explicitement la formation d’habitudes améliorent bien la force des habitudes d’activité physique. Mais oubliez le mythe selon lequel une habitude serait nécessairement automatisée après 21 jours. Une revue récente a retrouvé des médianes autour de 59 à 66 jours dans certaines études, avec des différences individuelles gigantesques allant de quelques jours à plusieurs centaines.

La leçon est simple :

ne mesurez pas votre discipline au nombre de jours qu’il vous faut pour cesser de ressentir un effort.

Continuez à construire.

14. Récompensez-vous, mais ne transformez pas la récompense en patron

J’aime profiter de la vie. Je peux parfaitement aller manger dans un restaurant chinois ou prendre un kebab et apprécier le moment sans imaginer que mon organisme vient de déposer plainte contre moi.

Une alimentation équilibrée n’a pas besoin de devenir une prison. Mais j’ai appris à distinguer deux choses :

  • se faire plaisir consciemment
  • et utiliser la récompense comme carburant obligatoire de chaque bon comportement.

Ce n’est pas la même chose.

Certaines récompenses externes peuvent augmenter un comportement à court terme, mais elles ne renforcent pas automatiquement une motivation durable et autonome.

Alors profitez. Célébrez certaines étapes.

Mais évitez de créer une économie étrange dans laquelle huit heures de sommeil vous donnent droit à un tacos géant sauce blanche-mayonnaise, une séance à deux desserts – personnellement, je partirais bien sur une glace au spéculoos, puis une autre à la pistache… oups, je me suis égaré, j’ai cru qu’on pouvait passer commande ici – et le simple fait d’avoir préparé votre sac de sport vous vaut déjà trois jours de vacances à Disneyland Paris.

Votre progrès doit finir par devenir une récompense lui-même.

15. Soyez exigeant avec vous-même sans devenir votre propre ennemi

Vous aurez des défauts.

Moi aussi.

Vous aurez des mauvaises journées.

Moi aussi.

Vous ferez parfois quelque chose moins bien que prévu.

Bienvenue dans l’espèce humaine.

La question n’est pas de savoir si vous rencontrerez ces moments. La question est ce que vous en ferez.

Certaines personnes transforment une erreur en jugement d’identité :

« J’ai raté ma séance, donc je suis nul. »

Non.

Vous avez raté une séance. C’est tout.

Analysez. Corrigez. Reprenez.

La discipline n’est pas l’art de vous punir suffisamment fort pour que vous n’osiez plus échouer. C’est l’art de revenir suffisamment vite pour qu’un écart ne devienne pas une direction.

16. Laissez votre smartphone se reposer

La vraie vie possède une caractéristique surprenante : elle se passe principalement en dehors de votre écran.

Oui, je sais. Vous êtes peut-être précisément en train de lire cet article sur votre téléphone. Je mesure l’ironie. Gardez-le encore quelques minutes. Après, on discutera.

Le problème n’est pas le smartphone. Le problème est la quantité d’attention que vous lui donnez sans aucune intention précise.

Vous ouvrez une application pour regarder une chose. 22 minutes plus tard, vous connaissez la recette d’un dessert que vous ne préparerez jamais, l’histoire sentimentale d’un inconnu et trois exercices absurdes pour “réveiller” un muscle qui, rassurez-vous, n’était pas endormi.

Pendant ce temps, votre propre projet n’a pas bougé.

Les interruptions fréquentes peuvent effectivement dégrader certaines performances attentionnelles. La littérature est plus nuancée que les affirmations sensationnalistes du type « le multitâche détruit votre cerveau », mais une chose reste évidente : votre attention est une ressource. Utilisez-la comme telle.

17. Commencez par les fondations

Vous pouvez avoir énormément de motivation et avancer dans la mauvaise direction. C’est même l’un des dangers du Fitness Chaotique.

Vous êtes enthousiaste. Vous achetez quelque chose. Vous changez de programme. Vous ajoutez un supplément. Vous essayez un nouvel exercice. Vous réduisez votre alimentation. Puis vous augmentez encore votre entraînement. Vous avez beaucoup bougé. Mais avez-vous construit quelque chose ?

Chez CorpsFiit®, je préfère remettre de l’ordre.

  1. Mental.
  2. Sommeil.
  3. Alimentation.
  4. Puis entraînement.

Pas comme quatre cases que je récite pour faire joli, mais comme des éléments qui se soutiennent réellement.

Un sommeil médiocre peut rendre vos décisions plus difficiles.

Une alimentation désorganisée peut dégrader votre énergie.

Un mental sans direction peut vous faire changer de méthode en permanence.

Et un entraînement brillant ne réparera pas automatiquement les trois autres.

Une bonne base rend la motivation utile. Une mauvaise base peut simplement vous aider à faire plus vite quelque chose d’inefficace.

18. Organisez votre environnement pour économiser votre volonté

Avant, mon bureau pouvait être beaucoup plus encombré. Et comme toutes les personnes désorganisées suffisamment expérimentées, j’étais capable de défendre mon système avec une remarquable conviction :

« Mais je sais exactement où tout est ! »

Bien sûr.

Le papier est sous le troisième dossier, lui-même sous les ciseaux, eux-mêmes derrière l’objet posé là parce qu’il n’y avait plus de place ailleurs.

Parfait. Une précision digne de la chirurgie du cerveau.

J’ai fini par comprendre qu’être capable de survivre au désordre ne signifiait pas que le désordre était efficace.

Aujourd’hui, je préfère la clarté.

Chaque chose à sa place autant que possible. Un agenda. Des priorités visibles. Un environnement qui réduit les recherches, les hésitations et les décisions inutiles.

La meilleure discipline n’est pas celle qui exige 50 combats mentaux par jour.

C’est celle qui organise suffisamment bien votre vie pour supprimer une partie de ces combats.

19. Choisissez des actions que vous pouvez supporter assez longtemps pour progresser

À 16 ans, je voulais notamment un ventre plat avec des abdominaux visibles. J’ai cherché les moyens qui me semblaient évidents.

  • Jogging.
  • Football.
  • Ce genre d’activités.

Le problème ?

Je n’aimais pas vraiment ça.

Au football, je me souviens de moments où j’avais le ballon et où j’entendais presque immédiatement :

« Kérim ! »

« Kérim, là ! »

« Fais la passe ! »

« Kérim ! »

Je n’avais pas vraiment l’impression d’être dans un environnement construit pour m’apprendre à devenir meilleur. Et surtout, une grande partie de ce que je faisais me semblait être une contrainte.

Vers 19 ou 20 ans, j’ai progressivement changé de voie. J’ai commencé à chercher des formes d’entraînement plus cohérentes avec ce que je voulais réellement : devenir plus sculpté, plus performant, réduire ma graisse corporelle et obtenir davantage avec moins de temps inutile.

Aujourd’hui, je préfère notamment le sprint à la longue course modérée.

Je pourrais résumer cette évolution ainsi :

je ne cours plus longtemps pour pouvoir dire que j’ai beaucoup couru ; je préfère courir comme si chaque seconde devait mériter sa place.

Cette histoire m’a appris quelque chose : si vous adorez votre destination mais détestez chaque seconde de la route que vous avez choisie, ne renoncez pas immédiatement à la destination. Examinez d’abord la route.

Les travaux sur l’affect pendant l’exercice montrent d’ailleurs que la manière dont l’activité est vécue peut influencer le comportement physique futur.

Le plaisir compte. Pas comme excuse pour éviter tout effort, mais comme condition importante d’une pratique que vous voulez pouvoir répéter.

20. Protégez votre sommeil avant de chercher un nouveau secret de motivation

Une personne fatiguée peut interpréter son épuisement comme un manque de volonté. Et ensuite elle cherche…

  • Une vidéo ;
  • Un complément ;
  • Une boisson énergétique ;
  • Une nouvelle méthode.

Je pourrais même ajouter certaines substances utilisées pour obtenir artificiellement un “coup de boost” – alcool, cannabis, cocaïne ou autres produits illicites –, mais là, on change complètement de niveau de gravité. Le sujet mérite beaucoup plus qu’une parenthèse au milieu d’un article sur la motivation, donc je préfère ne pas le traiter à la légère ici.

Et pourtant, après avoir cherché partout quelque chose capable de la “rebooster”, la réponse est parfois beaucoup plus simple : elle devrait surtout aller dormir.

Dans un essai randomisé mené chez des adultes en surpoids dormant habituellement moins de 6 h 30, augmenter le sommeil d’environ 1 h 12 par nuit a entraîné une diminution moyenne de l’apport énergétique d’environ 270 kcal par jour pendant la période étudiée, sans régime alimentaire imposé.

Je ne vous donne pas ce résultat pour transformer le sommeil en “technique minceur”. Ce serait exactement le genre de raccourci que je combats. Je veux vous montrer quelque chose de plus grand :

vos comportements ne vivent pas séparément.

Mieux dormir peut modifier la manière dont vous mangez, récupérez, réfléchissez, vous entraînez et gérez l’effort. Voilà pourquoi je considère le sommeil comme un investissement.

21. Variez la forme, pas la direction

Une bonne routine n’a pas besoin d’être monotone. C’est une nuance importante.

Vous pouvez conserver une règle tout en variant sa forme.

Je bois par exemple régulièrement une boisson citronnée au réveil. Elle peut être préparée avec de l’eau, du thé vert ou du thé noir selon les jours. Le comportement général reste stable. La sensation change.

Même chose avec l’entraînement. Vous pouvez posséder plusieurs séances cohérentes. Plusieurs repas équilibrés. Plusieurs façons de récupérer. Plusieurs parcours de marche. Plusieurs musiques.

L’objectif n’est pas de faire toujours exactement la même chose. L’objectif est d’éviter que votre besoin de nouveauté ne devienne un prétexte pour détruire continuellement ce que vous étiez en train de construire.

Variez les expressions d’une bonne habitude ; ne changez pas de philosophie tous les trois jours.

22. Soyez en compétition avec la personne la plus pertinente : vous-même

Je n’ai aucun problème avec la compétition. Elle peut être amusante, pousser à produire davantage et stimuler à court terme.

Mais la compétition qui m’intéresse le plus est celle qui ne dépend ni de la taille des bras du voisin ni de la sculpture du ventre de la voisine : moi aujourd’hui contre moi hier. Pas dans une guerre permanente contre moi-même, mais dans une comparaison intelligente.

  • Est-ce que ma technique s’améliore ?
  • Est-ce que je récupère mieux ?
  • Est-ce que je cours plus vite ?
  • Est-ce que je prends de meilleures décisions ?
  • Est-ce que ma discipline devient plus stable ?

Certains jours, vous ferez moins bien.

Et alors ?

Votre organisme n’a signé aucun contrat l’obligeant à battre un record personnel tous les mardis.

Et j’aimerais ajouter une précision importante : vous n’avez certainement pas besoin d’essayer d’être meilleur à chaque séance. Une séance n’est pas une compétition que vous devez gagner à chaque fois.

L’idée est beaucoup plus simple : vous continuez à avancer, vous répétez, vous apprenez, vous ajustez, sans transformer chaque entraînement en examen permanent. Et puis, un jour, presque sans l’avoir cherché, vous vous apercevez que vous vous êtes dépassé. Vous êtes devenu meilleur qu’hier.

C’est justement cela, le progrès : non pas une pression constante pour faire mieux à chaque séance, mais une direction suffisamment solide pour qu’en poursuivant intelligemment, vous finissiez par devenir meilleur qu’avant.

La progression n’est pas linéaire.

Autrement dit, vous n’allez pas forcément faire mieux à chaque séance : certaines seront meilleures, d’autres moins bonnes, et pourtant votre niveau général peut continuer à progresser avec le temps.

Votre objectif n’est pas de battre votre meilleur vous tous les jours. Votre objectif est de faire en sorte que, sur suffisamment de temps, votre trajectoire aille dans la bonne direction.

Toujours en progrès ne signifie pas “toujours en record”. Cela signifie toujours capable d’apprendre, d’ajuster et de continuer.

23. Simplifiez jusqu’à ce que commencer devienne plus facile que procrastiner

Vous voulez améliorer votre régularité ?

Réduisez la friction.

Votre matériel est prêt. Votre tenue est accessible. Votre séance est connue. Votre horaire est défini. Votre environnement est dégagé. Vous savez quelle est la première action.

À l’inverse, si commencer exige de chercher vos chaussures – puis de choisir avec lesquelles vous allez vous entraîner –, de retrouver votre serviette, de vous demander si vous avez bien rincé votre gourde isotherme, de recharger vos écouteurs, de déplacer quatre objets, de choisir parmi dix programmes, de vérifier que le gaz est bien fermé, d’écrire votre pensée du moment dans votre agenda, de jeter un œil à votre compte bancaire au cas où vous auriez envie de manger un morceau après la séance, de débrancher le chargeur de votre smartphone, de vous parfumer – là, j’avoue, je plaide coupable : j’ai pris l’habitude de me parfumer avant de m’entraîner, parce que c’est un moment qui compte pour moi, un peu comme lorsque je vais me coucher –, puis de regarder trois vidéos et de répondre à deux messages…

… félicitations.

Vous venez de construire une splendide usine à procrastination.

Je veux que le commencement soit presque trop simple pour être discuté. Car le premier mouvement compte énormément. Le premier centimètre d’une porte lourde peut demander davantage de décision que tout le mouvement qui suit.

Une fois la porte lancée, elle devient plus facile à pousser.

Votre séance ressemble parfois exactement à cette porte. Vous n’avez pas besoin de trouver la force mentale nécessaire pour faire 13, 26 ou même 39 minutes. Vous avez simplement besoin de trouver celle qui vous fera ouvrir la porte.

Ensuite, le mouvement peut faire le reste.

Enfilez vos chaussures. Commencez l’échauffement. Faites la première répétition.

Le reste n’existe pas encore.

24. Accomplissez une petite chose tôt dans votre journée

Je fais mon lit le matin. Ce n’est pas un rituel cosmique. L’univers ne décerne aucun bonus secret aux draps bien tendus. Je le fais parce qu’une petite action terminée proprement donne immédiatement une sensation d’ordre, mais aussi parce que, dès mon plus jeune âge, ma mère m’a appris que faire son lit faisait simplement partie des choses que l’on devait faire.

Chez nous, c’était presque une évidence : une personne bien élevée, propre et droite ne laissait pas son lit en chantier derrière elle. Ce n’était pas présenté comme une technique de développement personnel. C’était une question d’éducation, de tenue et de respect de son environnement.

Vous avez commencé quelque chose. Vous l’avez terminé. Et cette logique peut ensuite se prolonger.

Faire son lit n’est évidemment pas la clé du succès universel. Mais le principe derrière cette habitude m’intéresse énormément : commencer la journée en prouvant que vous êtes déjà capable d’exécuter une décision simple.

Cette preuve est petite. Mais elle est réelle.

25. Rendez le prochain objectif suffisamment proche pour pouvoir l’attaquer

Vous pouvez viser la lune.

Ah… J’aime les grandes ambitions. Je les adore même, surtout lorsqu’on les accompagne d’actions cohérentes et répétées pour leur donner une chance réelle de devenir concrètes.

Mais votre prochaine action, elle, doit rester sur Terre.

Si vous regardez uniquement votre objectif final, la distance peut devenir écrasante.

Vous voulez transformer totalement votre corps ?

Très bien.

Mais cet objectif final ne vous dit pas encore ce que vous devez faire aujourd’hui. La vraie question est donc beaucoup plus concrète : quelle action précise pouvez-vous accomplir maintenant pour vous en rapprocher ?

  • Vous dormez mieux ce soir.
  • Vous réalisez votre séance.
  • Vous préparez votre prochain repas.
  • Vous marchez davantage.
  • Vous arrêtez votre écran à une heure définie.

C’est ainsi que je distingue souvent l’objectif final et les objectifs d’action.

L’objectif final donne la destination. Les objectifs d’action indiquent ce que vous faites maintenant.

La motivation peut contempler la montagne. La discipline, elle, pose le pied sur la prochaine pierre.

26. Transformez vos échecs en données

Vous allez échouer à certaines choses.

Je préfère vous l’annoncer maintenant plutôt que vous vendre une vie en ligne droite.

Vous allez choisir une mauvaise stratégie. Rater un rendez-vous avec vous-même. Sous-estimer une difficulté. Surévaluer vos capacités. Dormir moins bien. Faire une mauvaise séance. Prendre une décision que vous regretterez.

Le véritable gaspillage ne se trouve pas toujours dans l’échec : il se trouve dans l’échec qui ne vous apprend rien.

Vous avez raté ?

Très bien.

Pourquoi ?

  • Que faut-il modifier ?
  • Quelle condition manquait ?
  • Quelle hypothèse était mauvaise ?
  • Qu’est-ce qui dépendait de vous ?
  • Qu’est-ce qui ne dépendait pas de vous ?

Je préfère une personne qui échoue neuf fois en devenant plus précise à chaque tentative qu’une personne qui réussit une fois par hasard et ne comprend rien à ce qu’elle vient de faire.

Rien par hasard ne signifie pas “tout contrôler”. Cela signifie chercher à comprendre suffisamment pour pouvoir mieux décider ensuite.

27. Organisez votre alimentation au lieu d’attendre d’être affamé pour penser à manger

Je tiens beaucoup à l’organisation alimentaire.

Mais je veux être précis : manger à heure fixe ne possède pas un pouvoir magique qui ferait disparaître la graisse grâce à une maîtrise parfaite de l’insuline.

Ce serait trop simple.

En revanche, une structure alimentaire cohérente peut réduire les décisions improvisées, faciliter la répartition des apports et aider à construire une journée compatible avec vos objectifs.

Personnellement, je donne une grande importance au premier repas après le sommeil. Je préfère le considérer comme un outil de performance et d’organisation plutôt que comme un interrupteur mystérieux “brûle-graisse”.

Les essais disponibles ne montrent pas que prendre ou sauter le petit-déjeuner détermine universellement la perte de poids ou de graisse.

Cela n’empêche pas le premier repas d’avoir un intérêt pour certaines personnes lorsqu’elles cherchent à répartir leurs protéines, soutenir leur énergie ou préparer une performance.

C’est toute ma philosophie : ne transformez pas une stratégie utile en loi magique.

Organisez. Observez. Ajustez.

28. Faites une chose à la fois suffisamment bien

Je vois souvent des personnes s’entraîner en regardant leur téléphone.

Puis la télévision.

Puis répondre à quelqu’un.

Puis refaire une série.

Puis regarder une notification.

Elles ont techniquement passé une heure à la salle.

Combien de minutes ont réellement été données à l’entraînement ?

Votre attention fragmentée donne souvent l’impression d’être très occupé. Mais occupé n’est pas efficace.

Lorsque vous accomplissez quelque chose d’important, accordez-lui un espace réel. Lorsque vous entraînez votre corps, entraînez votre corps. Lorsque vous récupérez, récupérez. Lorsque vous mangez, mangez. Et si vous embrassez la personne que vous aimez, entre nous, essayez également de ne pas répondre à un message au même moment.

Certaines tâches méritent toute votre attention. Le baiser en fait partie.

Je ferme cette parenthèse avant que cet article ne change complètement de catégorie.

29. Utilisez la musique comme déclencheur, pas comme béquille obligatoire

La musique peut avoir sur moi un effet immédiat.

Il existe des morceaux qui me donnent presque instantanément envie de bouger, de m’entraîner, d’augmenter mon énergie.

Et il existe aussi des styles que j’évite le soir parce qu’ils me réveillent presque davantage qu’ils ne me détendent.

Je ne suis visiblement pas conçu pour écouter certaines musiques très rythmées juste avant de dormir. Une méta-analyse regroupant 139 études et 3 599 participants a retrouvé des effets favorables moyens de la musique sur l’état affectif, certaines performances et la perception de l’effort. Cela correspond bien à mon expérience.

Mais remarquez la nuance : la musique peut déclencher. Amplifier. Accompagner. Elle ne doit pas devenir une condition sans laquelle vous êtes incapable d’agir.

La motivation ressemble davantage à une dynamo qu’à une batterie préchargée. Une dynamo produit de l’énergie parce que quelque chose tourne. Si vous refusez de tourner tant que l’électricité n’est pas apparue, votre système est merveilleusement conçu pour rester immobile.

Faites tourner la roue. L’énergie peut venir avec elle.

30. Donnez une heure à vos décisions importantes

Une séance programmée est un rendez-vous, pas un sondage d’opinion.

Lorsque l’heure arrive, je ne veux plus réunir un conseil d’administration dans ma tête :

  • « Qui est pour l’entraînement ? »
  • « Qui est contre ? »
  • « Le canapé demande la parole. »
  • « Le téléphone souhaite déposer un amendement. »
  • « La fatigue légère demande le report de la séance à lundi. »

Non.

Lorsque votre niveau d’expérience est élevé, certaines décisions deviennent presque naturelles. Vous savez quand vous vous entraînez. Vous savez quoi faire.

Au début, en revanche, fixer un moment précis peut énormément aider. La planification réduit le nombre de décisions que vous devrez prendre au moment où votre motivation sera peut-être plus basse.

Je ne demande pas à mon humeur la permission d’honorer une décision que j’ai prise avec l’esprit clair.

Cela ne signifie pas ignorer un vrai besoin de récupération. Cela signifie distinguer deux phrases :

  • « Je n’ai pas envie. »
  • « Mon organisme a réellement besoin de repos. »

La première mérite souvent un commencement. La seconde mérite parfois une récupération.

La discipline consiste aussi à savoir faire la différence.

31. Définissez précisément ce que vous voulez – puis arrêtez de regarder uniquement le résultat final

La précision aide. Mais elle doit être utilisée intelligemment.

« Je veux perdre du poids » est vague.

« Je veux perdre cinq kilos » est plus précis, mais ne dit toujours pas ce que vous souhaitez réellement perdre ni ce que vous voulez construire.

« Je veux réduire progressivement ma graisse corporelle tout en préservant ma masse musculaire et en améliorant mes performances » possède déjà davantage de sens. Mais même cette formulation reste un résultat.

Votre vie quotidienne exige ensuite des comportements.

Que faites-vous aujourd’hui ?

À quelle heure ?

Combien de fois par semaine ?

Qu’allez-vous mesurer ?

Que ferez-vous lorsqu’un imprévu surviendra ?

Les travaux récents sur la fixation d’objectifs soutiennent l’utilité d’objectifs spécifiques, mais montrent également qu’un objectif doit être adapté, accepté et suffisamment réaliste pour soutenir l’action.

Voilà pourquoi je préfère une architecture en deux niveaux.

  1. Votre objectif final vous donne une direction suffisamment grande pour vous inspirer.
  2. Vos actions vous donnent quelque chose de suffisamment concret pour être exécuté.

Visez loin. Agissez près.

La motivation n’est pas seulement un carburant : elle peut aussi devenir un signal

Je veux maintenant ajouter une nuance essentielle.

J’ai beaucoup insisté sur le fait que vous ne devez pas attendre la motivation avant d’agir. Cela ne signifie surtout pas que la motivation serait inutile. Je pense même qu’elle est précieuse.

Une fois dans l’action, observez ce qu’elle vous dit.

Vous commencez une activité. Puis l’intérêt augmente. Vous avez envie d’apprendre. Vous ressentez une satisfaction. Vous progressez. Vous voulez revenir. Cette évolution peut vous donner une information intéressante sur votre relation avec la méthode choisie.

À l’inverse, vous pouvez suivre pendant des mois une pratique que vous détestez profondément, sans progression, sans curiosité, sans satisfaction et sans jamais ressentir la moindre envie d’y revenir. À ce moment-là, ne dites pas simplement :

« Je manque de discipline. »

Posez une meilleure question.

  • La méthode est-elle adaptée ?
  • L’objectif vous appartient-il vraiment ?
  • La difficulté est-elle correctement dosée ?
  • Êtes-vous épuisé ?
  • Le contexte est-il mauvais ?
  • Avez-vous rendu l’expérience inutilement pénible ?

La motivation est un thermomètre, pas l’interrupteur général de votre maison.

Un thermomètre vous fournit une information. Vous le lisez. Vous réfléchissez. Mais vous ne coupez pas l’électricité de toute la maison parce que la température a momentanément diminué.

La motivation mérite d’être entendue. Elle ne mérite pas toujours d’être obéie.

Le grand paradoxe : l’action peut produire l’état que vous attendiez pour agir

Il existe une autre analogie que je trouve impossible à oublier.

Vous n’attendez pas que votre cœur accélère avant de commencer à courir. Votre cœur accélère parce que vous avez commencé à courir.

Le mouvement produit la réponse.

Pourquoi serait-il inconcevable qu’une partie de votre état mental fonctionne parfois de la même manière ?

Vous commencez. Votre attention se tourne vers la tâche. Vous entrez progressivement dedans. Vous réussissez quelque chose. Vous percevez un progrès. Votre état intérieur change.

L’action peut donc provoquer une partie de l’état mental que vous attendiez de votre état mental pour agir.

La motivation est aussi parfois l’écho de l’action.

Personne ne se place devant une montagne en disant :

« Je vais attendre d’entendre l’écho avant de crier. »

Il n’y aura pas d’écho. Il faut d’abord produire le son.

Vous agissez. Quelque chose vous revient. Une preuve. Une sensation de compétence. Une satisfaction. Une envie de poursuivre.

Voilà pourquoi je trouve le cycle suivant tellement puissant :

action → preuve → confiance → motivation → nouvelle action

Non pas parce qu’il fonctionnerait parfaitement à chaque fois, ni parce qu’une seule séance produirait automatiquement un enthousiasme extraordinaire, mais parce qu’il vous rend actif dans la création des conditions qui augmentent vos chances de continuer.

Vous cessez de considérer la motivation comme une météo intérieure que vous êtes condamné à subir. Vous apprenez à influencer une partie du climat.

Le Fitness Chaotique adore vous vendre des étincelles

Une nouvelle vidéo. Un nouveau défi. Un nouveau programme. Une transformation spectaculaire en 30 jours. Une musique. Une citation. Une photo « avant-après ». Une nouvelle année. Un nouveau lundi. Une nouvelle promesse.

L’étincelle fonctionne : vous êtes motivé. Pendant deux jours. Peut-être trois semaines.

Puis l’étincelle disparaît.

Que fait le Fitness Chaotique ?

Il vous vend une nouvelle étincelle.

Et après suffisamment de cycles, quelque chose de beaucoup plus grave peut arriver. Vous ne perdez pas uniquement du temps ; vous commencez à perdre confiance dans votre propre parole. Vous vous dites :

« Cette fois, je commence. »

Puis vous ne tenez pas.

Vous recommencez. Vous arrêtez.

Vous annoncez encore quelque chose. Vous ne le faites pas.

Progressivement, vos propres promesses cessent d’impressionner votre cerveau. Pourquoi les croirait-il ? Vous lui avez déjà montré plusieurs fois qu’une déclaration n’était pas nécessairement suivie d’un comportement.

C’est là que la discipline devient beaucoup plus profonde qu’une simple organisation sportive.

Chaque fois que vous faites ce que vous aviez décidé de faire, vous donnez à votre cerveau une nouvelle preuve que votre parole possède du poids.

La confiance ne se récite pas devant un miroir : elle se construit chaque fois que vous faites ce que vous aviez décidé de faire.

Et si vous n’avez aucune envie aujourd’hui ?

Alors voici ce que je veux que vous fassiez.

Pas demain. Pas lundi. Pas lorsque vous aurez trouvé la bonne playlist. Pas après votre prochaine vidéo motivante. Là, tout de suite, choisissez une action importante que vous repoussez actuellement parce que vous ne vous sentez pas suffisamment motivé. Puis ne pensez pas encore à tout ce qu’elle exige. Cherchez uniquement le premier mouvement.

Vous devez vous entraîner ?

Enfilez vos chaussures.

Vous devez travailler ?

Ouvrez le document.

Vous devez marcher ?

Mettez votre veste, enfilez vos chaussures et franchissez la porte.

Vous devez ranger ?

Prenez le premier objet.

Vous devez préparer un repas ?

Sortez les premiers ingrédients.

Je ne vous demande même pas, dans les premières secondes, d’adorer ce que vous faites. Je vous demande de commencer.

Parce qu’il m’est arrivé énormément de fois de constater que la motivation que certaines personnes cherchaient pendant 20 minutes se trouvait simplement de l’autre côté des 30 premières secondes d’action.

Vous cherchez la motivation ?

Commencez. Elle sait très bien où vous retrouver.

Ne réduisez pas votre ambition ; réduisez parfois la taille de l’action du jour

Il y aura des journées difficiles. Des imprévus.

  • Une fatigue réelle.
  • Un emploi du temps perturbé.
  • Un problème familial.
  • Une mauvaise nuit.
  • Une charge mentale inhabituelle.
  • Une pleine lune qui, allez savoir pourquoi, vous donne l’impression que toute la planète a décidé de dormir sauf vous.
  • Le changement d’heure de mars ou d’octobre, avec cette merveilleuse petite heure qu’on avance ou qu’on recule et qui suffit parfois à dérégler une journée entière.

Ces jours-là, deux erreurs sont possibles.

Première erreur : tout abandonner.

Deuxième erreur : vouloir absolument reproduire la journée parfaite prévue dans votre agenda, posé sur votre bureau, comme si la réalité avait l’obligation de respecter exactement ce que vous aviez écrit la veille.

Je préfère une troisième voie.

Adaptez la taille de l’action sans abandonner la qualité de votre engagement.

Vous ne pouvez pas réaliser votre séance habituelle ?

Faites une version appropriée si cela reste pertinent.

Vous n’avez pas une heure pour travailler ?

Utilisez 20 minutes pleinement.

Vous ne pouvez pas tout organiser ?

Traitez la priorité.

Je ne vous demande pas de transformer chaque difficulté en occasion héroïque. Parfois, vous devez simplement dormir. Mais ne laissez pas automatiquement une journée imparfaite devenir une semaine abandonnée.

Une mauvaise journée n’a pas besoin de devenir une mauvaise direction.

La discipline idéale vous demande progressivement moins de discipline

Cette idée paraît presque contradictoire. Pourtant, elle résume exactement ce que je cherche.

Au début, il faut parfois beaucoup de volonté. Vous devez penser à votre séance. Préparer votre environnement. Résister à une habitude ancienne. Choisir volontairement le comportement nouveau.

Puis vous répétez.

Vous simplifiez. Vous automatisez certaines décisions. Vous créez des horaires.

Votre identité évolue.

Et progressivement, ce comportement demande moins de débats intérieurs.

La discipline n’est donc pas l’art de vous forcer toute votre vie. C’est l’art d’organiser votre vie pour avoir de moins en moins besoin de vous forcer.

Voilà ce que je veux construire avec CorpsFiit® : non pas une personne perpétuellement en guerre contre elle-même, mais une personne dont les décisions, l’environnement, les habitudes et la philosophie travaillent progressivement dans la même direction.

Ce que j’aimerais que vous cessiez de dire après cet article

« Je ne suis pas motivé. »

Vous pouvez continuer à constater votre état :

« Aujourd’hui, je ressens peu de motivation. »

Très bien.

Mais ce n’est pas la même phrase. La première peut devenir une identité. La seconde est une information momentanée.

Vous pouvez être peu motivé et prendre une bonne décision. Vous pouvez être triste et continuer à prendre soin de vous. Vous pouvez être énervé et réaliser correctement votre séance.

Vous pouvez être enthousiaste et malgré tout décider qu’aujourd’hui votre corps a besoin de récupérer.

Vous pouvez ne pas avoir envie de commencer et être extrêmement heureux d’avoir commencé cinq minutes plus tard.

Voilà pourquoi je ne fais pas toujours confiance aux cinq minutes d’avant.

Votre première répétition n’a pas besoin de savoir si vous êtes motivé. Elle a seulement besoin d’être faite.

Deux directions s’ouvrent maintenant devant vous

La première consiste à continuer comme beaucoup de gens le font.

Attendre.

Attendre le bon moment. Attendre la bonne humeur. Attendre lundi. Attendre janvier. Attendre d’avoir davantage d’énergie. Attendre d’avoir trouvé le programme parfait. Attendre que la vie devienne moins compliquée.

Et pendant que vous attendez, votre vie, elle, continue. Pas forcément dans un effondrement spectaculaire : le déclin est parfois beaucoup plus discret.

  • Un peu moins de muscle.
  • Un peu plus de graisse.
  • Un sommeil légèrement moins protégé.
  • Une énergie qui diminue.
  • Des séances plus rares.
  • Une confiance qui s’effrite.
  • Une promesse supplémentaire que vous cessez progressivement de croire.

On ne se réveille pas nécessairement un matin en découvrant que tout a disparu. On peut simplement s’éloigner, décision après décision, de la personne que l’on voulait devenir.

Mais l’autre direction existe.

Une bonne décision. Puis une autre. Une séance. Une nuit mieux protégée. Un repas organisé. Un téléphone posé. Une première répétition effectuée alors que vous n’aviez aucune envie de commencer.

Puis une nouvelle preuve.

Votre corps répond. Votre esprit apprend. Votre expérience augmente. Votre confiance possède davantage de fondations. Votre discipline devient plus naturelle.

Et progressivement, ce qui ressemblait à un effort inhabituel commence à devenir votre manière normale de vivre.

Voilà la direction que je veux éclairer avec CorpsFiit® : non pas une transformation reposant sur un enthousiasme temporaire, mais une transformation construite. Un esprit plus solide. Un corps plus affûté, sculpté et performant. Une personne suffisamment autonome pour ne plus demander continuellement à son humeur l’autorisation de respecter ses propres ambitions.

Je ne veux donc pas que vous terminiez cet article en vous disant :

« Waouh, c’était motivant. »

Ce serait presque la pire ironie possible.

Je veux que vous terminiez cet article et que vous fassiez quelque chose. Une seule chose : le premier mouvement.

Parce que la motivation ressemble parfois à cet éclairage automatique dont je vous parlais au début : vous pourrez rester devant la porte aussi longtemps que vous voudrez en attendant la lumière.

À un moment, il faut entrer.

Et lorsque vous aurez fait ce premier pas, peut-être découvrirez-vous enfin ce que des années à attendre la motivation empêchaient de voir :

la motivation que vous cherchez n’est pas toujours devant l’action pour vous tirer vers elle ; parfois, elle se trouve derrière l’action et attend simplement que vous veniez la chercher.

Je ne veux pas vous apprendre à courir éternellement après la motivation. Je veux vous apprendre à avancer suffisamment bien pour que la motivation finisse par courir derrière vous.


Et vous ?

Quelle action importante repoussez-vous actuellement parce que vous attendez encore de vous sentir suffisamment motivé pour commencer ?

Partagez votre expérience, votre réflexion ou votre désaccord dans les commentaires. Je lis personnellement chaque commentaire et je prendrai le temps de vous répondre.

Kerim Yilmaz — fondateur de CorpsFiit®, une philosophie de vie corps-esprit

Le problème de beaucoup de sportifs n’est pas qu’ils manquent d’efforts : c’est qu’ils consacrent énormément de temps, d’énergie et de volonté à leur progression sans obtenir des résultats à la hauteur de tout ce qu’ils investissent. Perdus dans le Fitness Chaotique, ils accumulent les exercices, les méthodes et les heures d’entraînement, convaincus qu’il faudrait toujours en faire davantage pour obtenir davantage. Jusqu’à épuiser leur temps, leur énergie… sans atteindre les résultats qu’ils pourraient réellement obtenir avec des efforts mieux organisés. CorpsFiit® ne condamne pas l’effort abondant. Il condamne l’effort gaspillé. J’ai créé CorpsFiit® pour faire exactement l’inverse : réunir le mental, le sommeil, l’alimentation et l’entraînement dans une philosophie de vie corps-esprit claire, structurée et orientée vers l’essentiel. L’objectif : révéler votre plus belle version sportive – affûtée, sculptée et performante – avec moins de 2 heures d’entraînement intense et structuré par semaine. Non pas pour s’entraîner le moins possible, mais pour s’entraîner juste ce qu’il faut, grâce à des efforts mieux choisis, mieux organisés et réellement capables de produire les adaptations recherchées. Et si vous aimez marcher, courir, nager, pédaler, jouer ou même vous entraîner davantage simplement parce que cela vous fait du bien, CorpsFiit® ne vous demande pas d’y renoncer. Faire plus doit pouvoir rester un choix – jamais une dette à payer pour espérer progresser. Parce que l’excellence ne consiste pas à en faire toujours plus, mais à obtenir davantage de chaque effort – sans gaspiller votre temps, votre énergie ni votre vie.

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