Il suffit d’un mot pour que tout s’apaise.
Naturel.
Et aussitôt, quelque chose se relâche.
La vigilance baisse. Le corps se sent presque protégé d’avance. L’esprit s’installe.
Avec le temps, j’ai vu ce réflexe se répéter : dès qu’un produit est perçu comme “pur”, l’exigence baisse.
Le miel porte cette douceur ancienne, presque sacrée. Une matière née du travail patient des abeilles, issue des fleurs, façonnée par un processus précis, méticuleux, harmonieux.
Rien d’industriel. Rien d’agressif. Rien de brutal.
Une cuillerée dorée. Épaisse. Lente. Brillante.
On y projette plus que sa composition réelle. On y dépose une attente. On suppose la pureté. On anticipe la protection.
Même lorsque l’on apprend qu’à volume égal – une cuillerée à soupe – le miel apporte environ 65 calories contre 48 pour le sucre blanc. Même lorsque l’on sait que, malgré son image, il reste majoritairement constitué de fructose et de glucose.
Ce détail glisse.
Parce qu’un produit aussi ancien, aussi “vivant”, ne peut qu’être bon. Parce que ce qui vient de la nature rassure. Parce que l’on a envie d’y croire.
Et cette envie, au fond, n’est jamais neutre.









