Ventre plat et abdominaux visibles : ce qu’il faut vraiment changer pour les révéler

Tableau de commande symbolique CorpsFiit® avec sept leviers – mental, sommeil, alimentation, entraînement, activité, récupération et régularité – ainsi qu’un petit bouton « exercices abdominaux », pour illustrer que le ventre plat et les abdominaux visibles dépendent d’un système global et non des seuls exercices d'abdos.

Il y a une phrase que j’entends régulièrement et qui me fait toujours légèrement sourire :

« Moi, je veux juste un ventre plat. Je ne veux pas d’abdominaux. »

Très bien. Mais commençons peut-être déjà par obtenir le ventre plat.

Parce que certaines personnes parlent des abdominaux comme s’il s’agissait d’une option que l’on pouvait tranquillement décliner au moment de passer commande :

« Ventre plat ? Oui. Abdominaux ? Non merci, pas aujourd’hui. »

Doucement.

Lorsque de la graisse recouvre encore largement le ventre, les abdominaux visibles ne sont pas une option posée sur la table que l’on décide élégamment de refuser. Il existe tout un chemin avant d’en arriver là.

Et c’est justement ce chemin qui m’intéresse.

Pour moi, un ventre plat et quelques lignes abdominales visibles ne constituent pas deux objectifs complètement séparés. Ils appartiennent plutôt à la même progression. À mesure que vous réduisez suffisamment la graisse qui recouvre votre abdomen tout en conservant ou en développant les muscles situés dessous, votre ventre peut progressivement s’aplatir, puis certaines lignes peuvent commencer à apparaître.

Il n’existe d’ailleurs aucun pourcentage universel de masse grasse qui garantirait soudainement l’apparition des abdominaux. La génétique, la manière dont chacun stocke sa graisse, le développement musculaire, la morphologie, le genre et d’autres caractéristiques individuelles modifient beaucoup leur visibilité.

Je préfère donc parler d’une direction plutôt que d’un “chiffre magique”.

Et lorsque je dis « abdominaux visibles », je ne parle absolument pas d’un ventre transformé en six énormes brownies tout juste sortis du four après une bonne vingtaine de minutes à 180 °C. Ce n’est pas ce qui m’intéresse.

Je parle d’un ventre plat, athlétique, harmonieux, où apparaissent quelques lignes propres et un relief élégant. Un ventre qui donne l’impression d’appartenir à quelqu’un en forme, pas à quelqu’un qui a consacré son existence entière à photographier ses tablettes sous l’éclairage le plus favorable de la salle de bains.

Bon sang, il faut quand même vivre.

Pour moi, l’idéal est précisément là : un corps affûté, sculpté et performant qui améliore la vie au lieu de l’envahir.

Et si votre objectif actuel consiste simplement à perdre un peu de ventre, j’aimerais vous proposer quelque chose qui peut sembler paradoxal : visez peut-être un peu plus haut.

Pourquoi je préfère viser les abdominaux

Lorsque je veux obtenir quelque chose d’important, je préfère généralement préparer le 18 plutôt que le 10,01.

Imaginez un étudiant qui prépare un examen avec cet objectif très ambitieux :

« Il me faut exactement 10,01 sur 20. Pas le choix : c’est ce que je dois obtenir, coûte que coûte. »

Il peut réussir. Mais il vient aussi d’organiser toute sa préparation autour du minimum nécessaire.

Personnellement, je préfère préparer le 18. Peut-être que je n’obtiendrai pas 18. Mais cette ambition m’oblige à :

  • mieux comprendre,
  • mieux travailler,
  • et mieux me préparer.

Pour le ventre, je raisonne de la même manière.

J’ai visé les abdominaux pour augmenter mes chances d’obtenir au minimum un superbe ventre plat, et aujourd’hui encore, alors que Dieu merci ils sont bien là, cette exigence continue de guider ma manière de les entretenir et, si possible, de les améliorer encore. Pas parce que posséder des abdominaux serait indispensable à une existence réussie. Évidemment que non. Mais parce qu’un objectif exigeant peut continuer à élever la qualité des décisions que je prends pour préserver ce que j’ai construit et rester, fidèle à CorpsFiit®, toujours en progrès.

C’est une philosophie que j’aime énormément :

viser haut, mais agir près.

Je peux viser un ventre suffisamment affûté pour révéler certaines lignes abdominales, puis revenir immédiatement à ce que je peux réellement contrôler aujourd’hui : mon prochain repas, ma prochaine séance, ma prochaine nuit, ma prochaine décision.

Le ventre se transforme sur la durée. Les décisions, elles, se prennent maintenant.

Voilà pourquoi je veux d’abord que vous sachiez réellement ce que vous cherchez.

« Je veux être mieux physiquement » est trop vague. Cela veut dire quoi ? Perdre quelques centimètres de tour de taille ? Avoir le ventre plat ? Faire apparaître quelques lignes ? Construire un physique athlétique dans son ensemble ?

Plus votre destination devient claire, plus vos actions peuvent devenir cohérentes avec elle.

Un objectif n’a d’ailleurs pas beaucoup de valeur simplement parce que vous y pensez souvent. Il devient utile lorsqu’il commence à modifier votre comportement.

Vous pouvez regarder 50 photos de physiques sur votre téléphone, visualiser vos futurs abdominaux pendant 20 minutes et vous imaginer déjà sur une plage dans six mois.

Très bien.

Mais si votre sommeil, votre alimentation, votre activité et votre entraînement continuent à partir exactement dans la direction opposée, votre objectif reste une décoration mentale.

Croire qu’un résultat est possible devient intéressant lorsque cette croyance commence à produire des décisions compatibles avec lui. Le reste est du rêve.

Et j’aime rêver. Mais j’aime encore davantage les rêveurs pratiques.

Le ventre plat est devenu suffisamment rare pour être remarqué

Il y a également quelque chose que j’observe beaucoup autour de moi.

Nous sommes en 2026, et dans ce que je vois au quotidien, un ventre véritablement plat est suffisamment peu courant pour attirer rapidement l’attention.

Tout le monde veut être unique. Tout le monde veut se différencier. Tout le monde possède sa personnalité, son style, sa manière de penser. Mais il existe aussi une façon particulièrement visible de se différencier physiquement aujourd’hui :

être réellement en forme.

Je le constate dans ma propre vie. Lorsque je vais à la piscine, lorsque je m’entraîne ou simplement lorsque je porte un tee-shirt assez près du corps, les remarques et les questions sur ma silhouette reviennent très régulièrement :

  • « Toi, tu fais du sport. »
  • « Toi, t’es un athlète. »
  • « Tu fais quoi comme métier, ou dans la vie ? »
  • « Tu pratiques quel sport ? »
  • « J’aimerais avoir un physique comme le tien. »

Cela arrive suffisamment souvent pour que je sois presque davantage surpris lorsque personne ne me dit rien.

Je ne raconte pas cela pour me mettre sur un piédestal – même si, entre nous, grâce à moi, vous pouvez apprendre tout en passant un moment agréable ici pendant que votre écrivain, blogueur personnel, préféré, chéri, adoré, presque irremplaçable, scandaleusement compétent et, surtout, d’une humilité absolument exceptionnelle s’attaque à un nouvel article. Je suis au contraire profondément reconnaissant envers Dieu de pouvoir disposer aujourd’hui de ce corps, et je sais également tout le travail que j’ai fourni et que je continue à fournir pour l’entretenir et le faire progresser.

Ce qui m’intéresse ici, c’est surtout la réaction des autres.

Chez certaines femmes, je perçois de l’attirance, de la surprise ou de l’admiration. Chez beaucoup d’hommes, les remarques parlent davantage de sport, d’inspiration ou de résultats.

Certains me disent littéralement qu’ils voudraient un corps comme le mien. Et là, j’essaie généralement de remettre les choses dans le bon ordre.

Je ne veux pas apprendre aux gens à devenir Kérim : je veux les aider à devenir davantage eux-mêmes.

La meilleure question n’est donc pas : « Comment puis-je obtenir son corps ? » Mais celle-ci :

« Jusqu’où puis-je emmener le mien ? »

Votre morphologie sera la vôtre. Vos lignes seront les vôtres. Votre répartition musculaire sera la vôtre. Vos qualités seront les vôtres. Votre progression sera la vôtre. C’est précisément ce que j’entends par révéler votre plus belle version sportive avec CorpsFiit®.

Vous pouvez être inspiré par quelqu’un sans chercher à devenir sa photocopie. Et votre ventre peut parfaitement servir de direction dans cette transformation.

Une direction, pas une obsession.

Parce que si vous vous levez en pensant à votre ventre, déjeunez en pensant à votre ventre, travaillez en pensant à votre ventre, vous entraînez en pensant à votre ventre et vous terminez votre journée en examinant votre nombril sous trois angles différents, nous avons peut-être légèrement dépassé le cadre du projet initial.

Votre nombril n’est pas votre conseiller stratégique.

Arrêtez de négocier avec votre nombril. Laissez-le tranquille, ce nombril : il est très bien là où il est. Occupez-vous plutôt de ce qui le transforme.

J’ai fait énormément d’abdominaux. Ce n’est pas comme cela que j’ai obtenu mes meilleurs abdominaux

Je comprends parfaitement pourquoi quelqu’un qui veut des abdominaux commence par faire des abdominaux.

Je l’ai fait moi-même. Beaucoup.

La logique semble irréprochable :

« Je veux transformer cette zone, donc je vais travailler cette zone. »

Quand j’avais une vingtaine d’années, autour de 2010 – l’année où je me suis vraiment mis à prendre soin de moi –, j’ai accumulé les exercices pour le ventre. J’avais certes 16 ans de moins qu’aujourd’hui, mais en matière de performance, je suis désormais bien plus puissant, Dieu merci.

  • Crunchs classiques.
  • Relevés de bassin.
  • Répétitions.
  • Encore des répétitions.

Et pourtant, avec le recul, je peux constater quelque chose qui aurait probablement beaucoup surpris le Kérim de cette époque : mes meilleurs abdominaux ne sont pas apparus pendant la période où je faisais le plus d’exercices abdominaux.

Revenons un peu en arrière.

Autour de 2010, à 20 ans, j’ai commencé à m’entraîner sérieusement. Je pratiquais déjà un entraînement intense du corps entier, auquel j’ajoutais régulièrement un travail spécifique des abdominaux : crunchs classiques, relevés de bassin, répétitions… et encore des répétitions.

Trois ans plus tard, en 2013, je dois reconnaître que mon corps avait changé. J’avais moins de ventre, davantage de dessin musculaire et j’étais incontestablement en meilleure forme. Mais ce n’était toujours pas le physique dont je rêvais. J’avais progressé, oui. Je n’étais simplement pas encore arrivé là où je voulais aller.

Cette même année, je me suis inscrit pour la première fois dans une salle de sport, où je suis resté pile un an. C’est également à cette période que j’ai commencé à abandonner les relevés de buste classiques que je faisais jusque-là dans ma chambre. À côté de cela, je continuais à entraîner intensément l’ensemble de mon corps, notamment chez moi. Mes séances étaient déjà sérieuses, vraiment, mais je savais au fond de moi qu’en matière d’intensité, de précision et d’organisation, je travaillais encore à un niveau inférieur à celui que je serais capable d’atteindre plus tard.

À partir de là, mon attention s’est progressivement déplacée. Au lieu de construire mes séances autour de mon ventre, je me suis concentré de plus en plus sur l’entraînement intense du corps entier.

Et c’est là que l’histoire devient intéressante.

En 2014, à 24 ans, les lignes de mes abdominaux ont commencé à apparaître pour la première fois de ma vie. Lorsque je contractais le ventre, on pouvait enfin les distinguer. Rien de spectaculaire encore, entendons-nous bien, mais elles étaient là.

Le détail qui aurait probablement déconcerté le Kérim de 20 ans ? J’avais entre-temps radicalement supprimé ma séance habituelle d’abdominaux à la fin de chaque entraînement.

En résumé, il m’a fallu environ quatre années pour passer d’une brioche assez visible à des abdominaux timidement visibles. Et cette transformation ne s’est pas produite parce que j’avais ajouté toujours plus de crunchs. Au contraire, mes séances n’étaient déjà plus organisées autour d’eux.

J’avais donc obtenu des résultats, mais toujours pas ceux dont je rêvais. Moi, je voulais une belle tablette de chocolat… tout en devenant moi-même une sorte de tablette de chocolat grandeur nature.

Autrement dit, je ne voulais pas seulement un joli ventre : je voulais devenir affûté, sculpté et performant de partout, y compris du cerveau.

Puis les années ont passé.

Entre 2014 et 2022, j’ai conservé ces abdominaux légèrement visibles, davantage encore lorsque je les contractais. Je n’ai pas connu de grand effet yoyo, je n’ai pas retrouvé mon ancien ventre et je n’ai pas effacé les résultats acquis. Au contraire, ma silhouette s’est améliorée progressivement d’année en année. J’ai notamment continué à m’entraîner en salle entre 2016 et 2019.

Mais soyons précis : l’évolution restait graduelle. Positive, certes, mais pas encore de quoi me retourner devant le miroir en me disant : « Bon, là, monsieur, il se passe quelque chose de sérieux. »

Et maintenant, regardez ce qui s’est passé ensuite.

Au fil des cinq à six premiers mois de 2022, puis pleinement durant l’été, ma méthode a franchi un cap. Ses principes sont devenus beaucoup plus précis, ses règles plus cohérentes, ses séances mieux structurées et l’ensemble du système beaucoup plus abouti. Une idée est notamment devenue centrale : dans un entraînement, chaque minute d’effort doit compter. Pas davantage d’effort pour pouvoir dire qu’on en a fait davantage, mais l’intensité juste, placée au bon endroit et au bon moment.

C’est à ce moment-là que, en seulement quelques mois, mes abdominaux sont devenus parmi les plus dessinés que j’aie jamais eus. Cette fois, plus besoin de contracter le ventre pour deviner les lignes : elles étaient visibles naturellement.

Et Dieu merci, ce sont encore les abdominaux que j’ai aujourd’hui.

Ce qui rend cette histoire encore plus intéressante, c’est que mes séances de 2022 n’avaient absolument plus rien à voir avec celles de 2010 à 2013, construites en partie autour des crunchs et du travail abdominal répété. Elles n’avaient pas davantage la précision de mes entraînements de 2014 à 2021, période durant laquelle ma méthode continuait encore à se construire.

Car oui, j’ai commencé à créer CorpsFiit® dès 2010. Mais soyons sérieux : à l’époque, ce n’était encore qu’une très bonne ébauche. Bonne, certes. Excellente ? Non. Elle allait encore devoir passer quelques années sur l’établi avant que je puisse commencer à la regarder avec le petit air satisfait du gars qui se dit : « Là… on tient quelque chose. »

En 2022, mon corps entier travaillait. Les mouvements fondamentaux occupaient l’essentiel de mon entraînement. Mon alimentation, ma récupération et l’ensemble de mon mode de vie soutenaient le reste du travail. Les abdominaux n’étaient plus le centre de ma stratégie : ils étaient devenus l’une des conséquences visibles d’un système beaucoup plus complet.

Avec le recul, j’aurais aimé pouvoir retourner voir le gamin qui alignait ses répétitions sur le sol de sa chambre et lui dire :

« Mon grand, relève-toi du sol. On a beaucoup mieux à faire. »

C’est presque vexant quand on y pense.

Pendant longtemps, j’avais cherché davantage d’exercices pour mes abdominaux. Ce dont j’avais réellement besoin était surtout d’un meilleur système pour mon corps entier. Et c’est précisément là que j’ai compris une distinction qui paraît extrêmement simple une fois qu’on la connaît : faire travailler les abdominaux et révéler les abdominaux ne sont pas la même chose.

Le muscle est dessous. La graisse est dessus. Ne mélangeons pas les missions

Imaginez quelqu’un qui veut perdre son ventre. Il regarde précisément la zone qui le gêne. Il s’allonge. 20 crunchs. 50. Puis 100. Ses muscles commencent à brûler.

Le lendemain, il a peut-être même des courbatures.

Quelque chose dans son cerveau lui souffle alors :

« Voilà. Là, je suis en train d’attaquer mon ventre. »

En réalité, il vient surtout d’attaquer ses muscles abdominaux. La graisse située au-dessus, elle, n’a reçu aucune lettre lui demandant de faire ses valises.

Et c’est là toute la confusion.

Sentir ses abdominaux travailler ne signifie pas sentir sa graisse abdominale disparaître.

Les deux se trouvent au même endroit. Mais ce ne sont ni le même tissu, ni le même objectif, ni le même problème.

Faire des centaines d’abdominaux pour tenter de faire disparaître spécifiquement la graisse qui les recouvre ressemble un peu à muscler votre bras en espérant que la manche de votre pull devienne plus fine. Vous pouvez rendre le bras plus fort. Vous pouvez développer ce qu’il y a dessous. Mais la manche n’a reçu aucun ordre particulier.

Une étude souvent citée sur ce sujet avait fait suivre pendant six semaines à des participants un entraînement abdominal fréquent. Leur endurance abdominale s’était améliorée. Leur graisse abdominale, leur tour de taille et leur composition corporelle n’avaient pas suivi de la manière qu’aurait laissé espérer la fameuse logique « je travaille ici, donc je maigris ici ».

Je ne vais pas reconstruire ici toute la démonstration de la réduction localisée, parce que j’ai déjà consacré un article entier à ce mécanisme avec les ceintures d’électrostimulation : Ceinture d’électrostimulation abdominale : est-elle efficace ?

Retenez simplement cela : entraîner ce qui se trouve dessous ne signifie pas automatiquement faire disparaître ce qui se trouve dessus.

Ou, si vous préférez une autre image, imaginez vos abdominaux comme un artiste derrière un rideau. Vous pouvez faire répéter l’artiste. Il devient meilleur. Plus fort. Plus impressionnant. Vous pouvez même lui faire répéter son spectacle tous les jours. Mais si le rideau reste suffisamment fermé, le public ne voit toujours rien.

Faire progresser l’artiste et ouvrir le rideau sont deux travaux différents.

Voilà pourquoi les exercices abdominaux ne sont pas inutiles. Ils sont simplement trop souvent chargés d’une mission qui n’est pas la leur.

Donnez une seule mission à vos exercices abdominaux

Lorsque je fais aujourd’hui un exercice pour les abdominaux, je lui demande une chose : entraîner mes abdominaux.

Rien de plus.

Je ne lui demande pas de faire disparaître ma graisse. Je ne lui demande pas de réparer mon alimentation. Je ne lui demande pas de compenser cinq jours d’inactivité. Je ne lui demande pas de transformer tout mon physique. Je ne lui demande même pas de changer la rotule de suspension de ma voiture pour qu’elle obtienne un avis favorable au contrôle technique. Je lui donne simplement sa mission :

Entraîner le muscle.

Point.

Un exercice abdominal peut renforcer, développer ou améliorer l’endurance des muscles du tronc. Cela peut même contribuer à rendre les lignes plus visibles une fois que la quantité de graisse qui les recouvre est suffisamment basse. Mais il doit venir à sa place.

Pour moi, cette place se situe APRÈS les fondations.

Commencer par les abdominaux avant de construire un véritable entraînement global, c’est un peu comme commencer une maison par les poignées de porte. Elles peuvent être magnifiques. Si les murs n’existent pas, nous avons tout de même un léger problème.

Je considère donc le travail abdominal direct comme la dernière retouche chez le coiffeur avant de sortir. Bon… là, j’avoue, c’est uniquement pour l’image. Vous voyez bien que j’ai le crâne rasé. D’autant plus que je ne suis jamais allé chez le coiffeur de toute ma vie. Enfin si, une fois : pour récupérer un colis. Bref.

Cette dernière retouche peut améliorer le résultat. Elle peut apporter cette petite finition qui fait la différence. Mais si vous arrivez après six mois sans vous être occupé du reste en demandant : « Vous pouvez juste arranger cette petite mèche ? », il ne faut peut-être pas attendre un miracle.

Les exercices d’abdominaux peuvent parfaire la transformation. Ils ne peuvent pas porter toute la transformation sur leurs épaules – d’autant plus qu’ils n’en ont même pas.

Le meilleur programme pour vos abdominaux commence parfois quand vous cessez de l’organiser autour d’eux

Cette phrase résume probablement une grande partie de mon expérience :

le meilleur programme pour vos abdominaux commence parfois le jour où vous cessez d’organiser votre programme autour de vos abdominaux.

Je veux d’abord un entraînement du corps entier.

  • Pousser.
  • Tirer.
  • S’accroupir.
  • Étendre les hanches.
  • Porter.
  • Se déplacer.
  • Stabiliser.
  • Produire de la force.
  • Solliciter simultanément plusieurs grands groupes musculaires.

Lorsque le temps disponible est limité, ce type d’organisation possède une valeur énorme parce qu’il permet d’entraîner davantage de qualités dans une même séance.

Les synthèses sur l’entraînement de résistance montrent d’ailleurs quelque chose d’intéressant : travailler sérieusement l’ensemble du corps peut aider à réduire la masse grasse tout en développant ou en préservant la masse musculaire.

Et cette distinction entre poids et composition corporelle mérite vraiment votre attention.

Vous pouvez perdre beaucoup de poids et obtenir une transformation médiocre si une part importante de ce poids vient de vos muscles. À l’inverse, une personne qui conserve davantage de muscle tout en perdant de la graisse peut parfois voir la balance descendre moins spectaculairement tout en obtenant un physique nettement meilleur.

Voilà pourquoi je préfère parler de transformation corporelle plutôt que d’adorer aveuglément le chiffre affiché par une balance. Votre balance ne photographie pas vos abdominaux : elle additionne tout.

Les hommes et les femmes n’ont pas besoin de deux planètes différentes

Il existe un autre problème que je rencontre encore beaucoup.

Certaines femmes pensent qu’elles doivent impérativement s’entraîner avec de minuscules charges afin de ne surtout pas devenir « trop musclées ». Mais oui, bien sûr : c’est vrai qu’il suffit de prendre des haltères un peu plus lourds pour se réveiller quelques semaines plus tard avec des cuisses de baleine à la place des bras.

Et certains hommes semblent également persuadés qu’un programme destiné aux femmes devrait appartenir à une discipline totalement différente. Comme si, dès qu’une femme saisissait une barre ou un haltère, les lois de la physiologie devaient immédiatement sortir leur petit manuel spécial : « Attention, femme détectée. Veuillez remplacer l’entraînement par douze mouvements roses de trois grammes chacun. »

Je ne partage pas cette vision.

Les hommes et les femmes possèdent bien sûr des différences moyennes de composition corporelle, de force absolue, de masse musculaire et de répartition de la graisse. Mais les grands principes qui permettent à un muscle de devenir plus fort ou plus développé restent largement communs. Après tout, nous progressons, nous nous maintenons et nous déclinons tous selon les mêmes grandes règles du vivant.

  • Progression.
  • Résistance.
  • Effort suffisant.
  • Récupération.
  • Répétition du stimulus.

Ces choses-là font partie de la vie. Et, fort heureusement, la vie n’a pas prévu une version “homme” et une version “femme” de ces principes.

Une femme n’a donc aucune raison de s’interdire de travailler sérieusement avec une résistance exigeante par peur de se réveiller accidentellement avec le physique d’une culturiste professionnelle.

Écoutez-moi bien avant de vous faire des cauchemars à propos d’un résultat que vous n’êtes pas près d’obtenir – surtout si, dans le même temps, vous hésitez encore à manipuler des charges réellement exigeantes. Construire énormément de masse musculaire demande du temps, du travail, un volume d’entraînement important, une alimentation adaptée et, le plus souvent, des années de progression.

Cela n’arrive pas un mardi matin parce que vous avez eu l’audace insensée de remplacer vos haltères roses d’un kilo par une charge qui oblige enfin vos muscles à travailler sérieusement.

Et inversement, une charge légère n’est pas automatiquement inutile. D’ailleurs, au fond, « légère », cela reste assez relatif, non ? Un muscle peut se développer avec des charges très différentes à partir du moment où la série devient réellement exigeante.

Les charges plus lourdes restent particulièrement intéressantes pour développer la force maximale et peuvent aussi rendre certaines séries plus productives en imposant davantage de résistance à chaque répétition. Mais le chiffre inscrit sur l’haltère ne décide pas, à lui seul, si votre série est efficace.

Entre celui qui soulève un haltère de 50 kg, aligne quelques répétitions pour impressionner la galerie puis ne fait plus grand-chose derrière, et celui qui travaille avec 16 kg mais s’entraîne comme une véritable machine, il n’y a pas photo : l’un impressionne deux secondes, l’autre inspire toute une vie.

Ce que je veux éviter, surtout, c’est que vous passiez votre séance entière à réaliser des quantités absurdes de répétitions sur un exercice devenu si facile qu’il vous faut presque prévoir votre déjeuner pendant la série.

Si un mouvement vous permet d’enchaîner énormément de répétitions sans véritable difficulté musculaire, augmentez sa difficulté. Vous obtiendrez souvent un stimulus supérieur avec beaucoup moins de temps perdu. C’est précisément la logique CorpsFiit® :

Davantage n’est pas toujours mieux : mieux est mieux.

La gonflette, pour moi, c’est chercher principalement du volume. CorpsFiit®, c’est construire des capacités.

Je veux un corps qui ne soit pas seulement agréable à regarder. Je veux :

  • De la force.
  • De la puissance.
  • De l’endurance.
  • De la vitesse.
  • De l’agilité.
  • Une bonne capacité cardiorespiratoire.

En un mot : je veux un corps capable de faire quelque chose avec son apparence.

Et le cardio ? Non, je ne vais pas vous raconter qu’il ne sert à rien

Entre mes 14 et mes 20 ans, j’ai longtemps cru que le secret d’un corps majestueux consistait à courir pendant des heures. Alors j’ai couru. J’ai joué au football. J’ai multiplié les activités d’endurance. Bref, j’ai donné à cette idée toutes les chances de me convaincre.

Puis j’ai regardé les résultats… et j’ai changé de disque.

Pendant longtemps, ma position est ensuite devenue beaucoup plus radicale : je considérais que courir longtemps à intensité modérée constituait presque une perte de temps lorsque l’objectif principal était de devenir plus sec, plus athlétique et plus performant.

Aujourd’hui, je n’ai pas vraiment changé de refrain. Je l’ai surtout rendu beaucoup plus précis.

Le cardio continu fonctionne – enfin, dans les limites de ce qu’il peut réellement vous apporter.

Les recherches modernes montrent clairement qu’un volume suffisant d’exercice aérobie peut contribuer à réduire le tour de taille et la masse grasse. Je ne vais donc pas vous raconter que courir tranquillement, pédaler ou pratiquer régulièrement une activité d’endurance ne sert à rien. Ce serait tout simplement faux.

Mais la question qui m’intéresse davantage est différente : est-ce la meilleure manière de révéler votre plus belle version sportive tout en évitant de consacrer inutilement énormément de temps à développer une qualité à la fois ?

Et là, nous sommes déjà beaucoup plus loin que : « Le cardio continu, ça marche ou ça ne marche pas ? »

Je conserve une préférence très nette pour les approches capables de réunir plusieurs adaptations dans un investissement temporel réduit. C’est précisément là que le fractionné et les entraînements en circuit deviennent particulièrement intéressants.

C’est d’ailleurs l’un des fondements des entraînements CorpsFiit® : chaque séance prend, selon son objectif, la forme d’un fractionné pur ou d’un entraînement hybride – lui aussi organisé en fractionné – dans lequel plusieurs qualités physiques sont sollicitées au sein d’une même architecture. Autrement dit, une séance donnée peut être entièrement consacrée au fractionné pur ou entièrement construite sous forme hybride. Le programme, lui, réunit toujours les deux : du fractionné pur ET de l’entraînement hybride organisé en fractionné.

Alterner des périodes de travail exigeant avec des récupérations adaptées permet de concentrer beaucoup de travail dans une séance courte tout en développant fortement la capacité cardiorespiratoire.

Et lorsque l’on associe cette sollicitation cardiovasculaire à un véritable travail de résistance musculaire sous forme de circuit, les adaptations peuvent devenir beaucoup plus larges : force, masse musculaire, composition corporelle, capacité cardiovasculaire… et j’en passe des meilleures.

C’est précisément ce qui m’intéresse.

Pourquoi consacrer tout votre effort à développer une seule qualité – ou simplement à perdre un peu de graisse – lorsque votre entraînement peut participer à construire quelque chose de beaucoup plus complet ?

Vous ne cherchez plus seulement à perdre du gras ou à améliorer votre cardio. Vous travaillez à révéler votre plus belle version sportive : plus affûtée, plus sculptée et plus performante.

Que voulez-vous de plus ?

Voilà ce que j’aime.

Je ne veux pas devenir bon uniquement à brûler des calories pendant que je m’entraîne ; je veux construire un organisme plus capable. Et si je peux réunir plusieurs adaptations dans une séance bien pensée, cela correspond parfaitement à ma manière d’investir mon temps.

Chez CorpsFiit®, mes entraînements structurés reposent justement sur cette recherche d’efficience, avec des formats courts de 13, 26 et parfois 39 minutes, pour un volume hebdomadaire de référence qui reste inférieur à deux heures.

Cela ne signifie pas que tout le monde doit s’entraîner à mon niveau d’intensité. L’intensité est relative. Une séance très exigeante pour un débutant peut être relativement facile pour un athlète expérimenté.

Votre travail consiste à trouver VOTRE niveau d’effort pertinent, puis à progresser.

Je dois également préciser une autre idée très populaire : oui, une séance intense peut augmenter votre dépense énergétique après l’entraînement.

Cet effet existe bel et bien. J’en parle d’ailleurs dans mon ouvrage. On l’appelle souvent l’“afterburn”, ou consommation excessive d’oxygène post-exercice : une fois la séance terminée, votre organisme ne revient pas instantanément à son état de repos comme si quelqu’un avait appuyé sur un interrupteur. Il doit récupérer, restaurer certains équilibres, réparer, s’adapter à l’effort que vous venez de lui imposer. Tout ce travail demande de l’énergie, ce qui signifie que votre dépense énergétique peut rester temporairement plus élevée après l’entraînement.

Donc oui : vous ne dépensez pas de l’énergie uniquement pendant la séance. Vous continuez également à en dépenser davantage pendant une partie de la récupération qui suit. Et lorsque ce phénomène se répète séance après séance, semaine après semaine, année après année, il participe lui aussi au résultat global. Ce sont précisément ces petits avantages répétés avec constance qui peuvent finir par compter à long terme.

Mais attention : ne transformons pas maintenant votre organisme en four industriel imaginaire qui continuerait à incinérer des montagnes de graisse pendant deux jours tandis que vous dormez tranquillement avec le sentiment du devoir accompli.

L’afterburn existe. Il aide. Il ne fait pas tout.

Si votre entraînement est excellent mais que, derrière, votre alimentation part complètement à la dérive, que votre sommeil est sacrifié et que votre mode de vie travaille contre vous, à quoi bon attendre de l’afterburn qu’il vienne réparer tout cela avec sa petite cape de super-héros ?

C’est précisément pour cette raison que je ne sépare jamais l’entraînement du reste. L’effet prend tout son sens lorsque les quatre piliers avancent main dans la main : Mental d’athlète, Sommeil régénérant, Alimentation équilibrée et Entraînement intense du corps entier.

L’entraînement intense du corps entier vous fait dépenser de l’énergie pendant la séance et peut également maintenir temporairement cette dépense à un niveau plus élevé après celle-ci. C’est un avantage réel. Mais ce qui compte avant tout, c’est l’entraînement capable de provoquer cette adaptation, puis votre capacité à le répéter régulièrement dans un mode de vie qui permet à ses effets de s’additionner.

Voilà pourquoi je préfère défendre le fractionné pour des raisons bien plus solides que la promesse d’un mystérieux métabolisme “en feu” pendant 48 heures. Nous savons que l’afterburn existe, mais sa dépense exacte varie selon énormément de facteurs et ne se laisse pas transformer proprement en petit compteur magique au-dessus de votre tête.

Je préfère donc m’appuyer sur ce que nous pouvons réellement construire : le rendement temporel, la condition cardiorespiratoire, la quantité de travail utile accomplie et la capacité du fractionné à s’intégrer intelligemment dans un entraînement global.

L’afterburn vient avec.

Il n’a simplement pas à porter tout le programme sur son dos.

Même chose avec les fameuses réponses hormonales provoquées par l’entraînement. Elles existent elles aussi et font partie de la réponse normale de l’organisme à l’effort. Mais une hausse momentanée de testostérone ou d’hormone de croissance après une séance ne constitue pas, à elle seule, un compteur fiable qui vous annoncerait combien de muscle vous allez construire ou combien de graisse vous allez perdre.

Là encore, le problème commence lorsqu’on prend un mécanisme réel et qu’on le transforme en explication unique de tout le résultat.

La mécanique qui mérite vraiment votre attention est beaucoup plus simple : imposez à votre corps un stimulus pertinent, récupérez, recommencez et progressez. Faites-le suffisamment longtemps, avec les quatre piliers qui avancent ensemble, et laissez les mécanismes physiologiques faire leur travail sans essayer de transformer chacun d’eux en équation personnelle.

C’est moins spectaculaire qu’un graphique vous promettant de calculer exactement combien de calories votre séance continuera à brûler à 22 h 47.

Mais croyez-moi : c’est beaucoup plus simple, beaucoup plus utile et, surtout, cela vous évite de vous perdre dans des calculs que même la science ne sait pas déterminer avec cette précision chez chaque individu.

Là où beaucoup abandonnent : le miroir du quatrième jour

Je connais très bien cette scène.

Vous commencez plein de bonne volonté. « Cette fois, c’est parti. » Vous faites vos exercices abdominaux. Vous sentez que ça brûle.

Le lendemain, vous recommencez.

Puis, au bout de quelques jours, vous passez devant votre miroir. Vous relevez légèrement le tee-shirt. Vous contractez. Vous regardez. Vous relâchez. Toujours le même ventre.

Le lendemain, même cérémonie : tee-shirt relevé, contraction, inspection.

Toujours rien.

Quelques jours plus tard, vous changez même légèrement d’éclairage. On ne sait jamais. Peut-être que les abdominaux sont bien arrivés mais que l’ampoule de la salle de bains refuse simplement de collaborer.

Toujours rien.

Et là, la motivation commence à descendre. « Pourtant, je fais mes abdos tous les jours… » Puis arrive la conclusion :

« Mon corps ne répond pas. »

Et c’est cela qui me dérange.

Votre corps répond peut-être parfaitement à ce que vous lui demandez. Vos abdominaux travaillent. Ils peuvent même devenir plus endurants.

Le problème est que vous attendez de ce travail une transformation qu’il ne peut pas produire seul. Vous n’avez pas nécessairement manqué de volonté ; vous avez investi votre volonté dans la mauvaise stratégie.

Et le Fitness Chaotique adore cela. Il vous donne dix directions. Puis il vous reproche de vous être perdu.

« Mais tu ne connais pas un truc ? »

J’ai rencontré sous différentes formes cette conversation beaucoup de fois.

Quelqu’un vient me parler de son ventre. Il aimerait le perdre.

Alors je commence à parler d’alimentation, de sommeil, d’activité, d’entraînement, de régularité et d’organisation. Et rapidement, je sens que ce n’est pas réellement la réponse qu’il attendait. Ce qu’il voulait savoir était plutôt :

« Oui, mais… tu ne connais pas “un truc” ? »

Un truc.

Voilà. Toute une transformation physique résumée en quatre lettres.

  • Une gélule ?
  • Un exercice ?
  • Un aliment ?
  • Un brûleur de graisse ?
  • Un truc à boire le matin ?

Presque comme si j’allais soudainement me pencher vers lui et lui murmurer :

« Bon… puisque c’est toi, je vais enfin te révéler ce que je cache au reste de l’humanité depuis qu’on m’a élu homme officiel des secrets rares, des transformations mystérieuses et des résultats soudains. »

Je suis désolé. Je ne possède rien de ce genre.

Et c’est peut-être beaucoup plus précieux ainsi. D’abord pour vous, parce que cela vous évite d’être pris pour un pigeon. Mais aussi parce que je vous considère comme le héros de votre propre vie : quelqu’un qui mérite de la vivre pleinement, pas de gaspiller inutilement son temps, son énergie et ses pensées à rêver d’un mystérieux raccourci qui viendrait tout régler à sa place.

Parce que la véritable bonne nouvelle n’est pas qu’un secret existe. Il n’existe pas de secret. Il est temps d’ouvrir les yeux sur ce que le Fitness Chaotique cherche constamment à vous faire croire.

La véritable bonne nouvelle, c’est celle-ci :

Vous n’en avez pas besoin.

Le problème n’est pas votre manque de secrets. C’est parfois votre refus de changer le système

Je vais être clair sur quelque chose qui m’agace beaucoup dans le fitness moderne.

Beaucoup de personnes voudraient changer radicalement leur résultat sans changer ce qui produit ce résultat.

  • Les mêmes repas désorganisés.
  • Les mêmes nuits trop courtes.
  • La même absence d’entraînement structuré.
  • Les mêmes habitudes répétées depuis plusieurs années.

Mais au lieu de corriger ce qu’elles font encore de travers – ou ce qu’elles ne font tout simplement pas encore assez bien –, elles ajoutent quelque chose. Histoire de se rassurer. Histoire de détourner un peu leur attention de l’essentiel. Histoire, surtout, d’essayer de compenser toute une hygiène de vie par… je ne sais pas, moi :

  • une gélule ;
  • une ceinture ;
  • un thé « brûle-graisse » ;
  • cinq minutes d’abdominaux ;
  • une mystérieuse boisson à avaler avant de dormir, censée vous faire vous réveiller miraculeusement sans ventre – ou vous faire tellement bien aller aux toilettes que vous finissez par croire que la brioche est partie avec ;
  • un régime express.

Et elles espèrent qu’en ajoutant ce petit élément à tout le reste, leur ventre va soudainement devenir méconnaissable.

Vous voulez que je vous dise ? Si je devais résumer exactement ce qui cloche dans cette façon de faire, je prendrais cette image :

C’est un peu comme prendre chaque jour exactement la même route, dans exactement la même direction, puis acheter un nouveau parfum pour la voiture en espérant arriver dans une autre ville. Vous pouvez choisir vanille. Pin des Landes. Océan sauvage. Vous pouvez même en changer tous les lundis si cela vous amuse. La voiture continuera à vous emmener au même endroit.

Si la direction ne change pas, le parfum ne changera pas la destination.

C’est exactement pour cela que je distingue deux types de rêveurs.

Il y a celui qui rêve simplement. Il imagine son ventre plat. Il regarde des vidéos. Il cherche un raccourci. Il achète parfois quelque chose. Il attend. Puis, lorsqu’il est déçu, il passe à autre chose.

Et il y a le rêveur pratique. Lui aussi rêve. Heureusement. Mais ensuite il demande :

« Qu’est-ce que je dois réellement faire pour augmenter mes chances d’obtenir ce résultat ? »

Puis il agit.

Il organise. Il corrige. Il répète. Il progresse.

Rêvez d’avoir des abdominaux si vous en avez envie. Mais ne rêvez pas – ne rêvez plus jamais – qu’ils vont apparaître pendant que votre vie, elle, reste exactement la même.

Si votre stratégie pour perdre votre ventre ne change rien à la vie qui l’a construit, méfiez-vous : vous n’avez probablement pas une stratégie, mais un alibi – une manière de pouvoir dire « pourtant, je fais quelque chose » sans avoir à remettre en cause ce qui entretient réellement le problème.

Le Fitness Chaotique adore vous vendre l’exception

Pourquoi les raccourcis sont-ils aussi séduisants ?

Parce qu’ils vous permettent d’espérer que vous n’aurez pas réellement besoin de changer.

Continuez exactement comme avant. Ajoutez simplement ceci :

  • une capsule ;
  • un programme « abdos 30 jours » ;
  • un nouveau complément ;
  • un régime de dix jours ;
  • cette nouvelle boisson protéinée, multivitaminée, multijenesaisquoi ;
  • une nouvelle technique.

C’est confortable.

Le petit élément supplémentaire promet de venir annuler les conséquences du grand ensemble. Comme si un cure-dent pouvait faire tomber la grande muraille de pierre construite par tout un empire de mauvaises habitudes.

Évidemment, non.

Et à force d’empiler les petits remèdes en espérant qu’ils compensent tout le reste, le cure-dent finit surtout par vous brûler de l’intérieur jusqu’à vous rendre fou.

Un détail peut être utile. Mais seulement lorsqu’il connaît sa place.

Un complément peut compléter. Un exercice abdominal peut compléter. Une optimisation peut compléter. Un détail est formidable lorsqu’il améliore une fondation. Il devient ridicule lorsqu’on lui demande de remplacer toute la maison.

Imaginez un bateau qui prend l’eau. Vous achetez une magnifique éponge. Très absorbante. Haut de gamme. Presque aussi sympathique que Bob l’Éponge.

Elle fonctionne réellement.

Vous épongez. Encore. Encore. Encore.

Pendant ce temps, le trou est toujours là, dans la coque.

Voilà ce que beaucoup de personnes font avec leur ventre : elles épongent les conséquences, mais elles ne bouchent jamais le trou qui les provoque.

Ou prenez un autre exemple. Votre mode de vie vous présente une facture de 500 euros. Vous arrivez fièrement à la caisse avec un coupon de réduction de 2 euros. Oui. Techniquement, vous avez fait une économie. Félicitations.

Il reste 498 euros.

C’est ainsi que je regarde beaucoup de petits détails du fitness. Ils peuvent avoir un effet. Mais lorsque les fondations sont mauvaises, leur effet devient parfois minuscule devant tout le reste.

Le Fitness Chaotique vous demande toujours ce que vous pouvez ajouter. Moi, je commence par demander ce que vous devez enfin mettre en ordre.

Le ticket de caisse de votre physique

Je vois parfois le physique comme un immense ticket de caisse.

Chaque jour, quelque chose vient s’ajouter.

  • Votre sommeil.
  • Vos repas.
  • Votre activité.
  • Votre entraînement.
  • Votre récupération.
  • Vos excès répétés.

Vos bonnes décisions répétées également.

Puis, plusieurs mois ou plusieurs années plus tard, votre corps vous présente l’addition.

Et là, certaines personnes regardent le total :

« Attendez… vous n’auriez pas une petite gélule pour retirer tout ça ? »

Comme si l’on pouvait effacer trois années de commandes impulsives avec un code promotionnel trouvé sur Internet.

Non.

Un détail peut réduire légèrement l’addition. Mais ce sont surtout vos achats répétés, impulsifs et sans aucun contrôle qui déterminent le total final – celui qui, au moment de payer, vous rappelle très concrètement que l’accumulation finit toujours par présenter l’addition.

Voilà pourquoi je ne veux pas que vous cherchiez le produit qui « attaque le ventre ».

Mon ami, je vous le dis en tant qu’expert et expérimentateur invétéré : il n’existe pas de petit truc capable d’aller attaquer votre graisse abdominale – ni celle d’un autre endroit du corps – comme s’il avait reçu une adresse précise et un ordre de mission.

Ça suffit avec ça. Ne me mettez pas en colère, hein.

Je veux que vous regardiez plutôt ce qui revient tous les jours sur votre ticket : vos habitudes, vos repas, votre sommeil, votre activité, vos entraînements, vos décisions répétées. C’est beaucoup moins spectaculaire, je vous l’accorde. Mais c’est infiniment plus puissant.

Votre ventre n’est pas forcément le coupable

Il existe également une erreur psychologique assez amusante.

Quelqu’un possède de la graisse abdominale. Il regarde son ventre. Puis il déclare la guerre à son ventre.

  • Crunchs.
  • Gainage.
  • Ceinture.
  • Vacuum.
  • Encore des crunchs.

Comme si l’abdomen était personnellement responsable de la situation.

Moi, je le vois plutôt comme le témoin qui arrive au tribunal avec les preuves de ce qui s’est répété ailleurs.

Le ventre peut refléter, parmi beaucoup d’autres facteurs, une alimentation trop énergétique sur la durée, une activité insuffisante, une organisation bancale, un entraînement mal adapté ou simplement une accumulation d’habitudes conservées longtemps.

Et qu’est-ce qu’on fait ?

On interroge le témoin pendant trois heures. On l’accuse. On le secoue. On lui fait faire 100 relevés de buste. Alors que le ventre pourrait presque répondre :

« Mais qu’est-ce que vous voulez que j’y fasse ? Je ne fais que vous montrer le résultat ! »

Le ventre est souvent le messager qu’on engueule à la place du message.

Votre ventre n’est donc pas un ennemi à punir. Il est simplement l’une des conséquences visibles d’un ensemble que vous pouvez apprendre à mieux organiser.

Et la bonne nouvelle, c’est que tout cela est souvent beaucoup plus simple que ce que la plupart des gens imaginent.

Mais pour le découvrir, il faut d’abord vous débarrasser une bonne fois pour toutes de cette attirance pour le Fitness Chaotique : celui qui vous pousse à chercher sans cesse une nouvelle solution, un nouveau détail, une nouvelle promesse… pendant qu’il vous maintient exactement au même endroit – ou, pire encore, vous fait régresser.

Regardez le tableau de commande entier

Imaginez maintenant un immense tableau de commande.

Devant vous, plusieurs grands leviers. CorpsFiit® les a presque déposés à votre porte dans le traîneau du Père Noël, soigneusement déballés, bien visibles, impossibles à rater :

  • mental ;
  • sommeil ;
  • alimentation ;
  • activité quotidienne ;
  • entraînement ;
  • récupération ;
  • régularité.

Et puis, à côté, posé par terre, presque abandonné dans une flaque d’eau – pour ne pas dire dans une mystérieuse urine de chat –, se trouve un tout petit bouton marqué :

« Exercices abdominaux »

La personne veut perdre son ventre. Que fait-elle ?

Elle ignore tous les grands leviers. Elle pose le doigt sur le petit bouton.

Clic.

Clic.

Clic.

Puis elle regarde son ventre.

« Alors ? »

Rien.

Clic clic clic clic.

« Et maintenant ? »

Toujours rien.

Alors elle appuie encore plus fort. Elle finit presque par frapper dessus comme si elle venait de confondre son tableau de commande avec un sac de frappe, persuadée que le problème vient simplement du fait qu’elle n’a pas encore suffisamment martyrisé ce pauvre bouton.

Ma prise de conscience a justement été de relever la tête. Il y avait tout un tableau de commande devant moi. Pourquoi continuer à écraser le même bouton lorsqu’on peut apprendre à piloter toute la machine ?

C’est exactement de cette manière que je considère CorpsFiit®. Les exercices abdominaux représentent une application. Une bonne application. Une application utile.

Mais le mental, le sommeil, l’alimentation, l’activité quotidienne, la récupération, la régularité et l’entraînement global constituent, eux, le système d’exploitation qui permet à tout le reste de fonctionner correctement.

Et certaines personnes passent leur temps à télécharger :

  • « Abdos 30 jours. »
  • « Six-pack express. »
  • « Ventre plat cinq minutes. »

À ce rythme-là, elles vont bientôt posséder douze applications différentes pour entraîner le même muscle pendant que tout le reste du système fonctionne en mode économie d’énergie.

Entre nous, cela fait longtemps que j’ai cessé de chercher l’application miracle. Je veux quelque chose de beaucoup plus simple – et, à mes yeux, mille fois plus puissant que mille astuces empilées les unes après les autres : que tout le système fonctionne correctement.

« Ventre plat en cinq minutes »

Quand quelqu’un me montre une vidéo intitulée : « Ventre plat en cinq minutes », ma réaction intérieure est presque toujours la même :

« Cinq minutes ? Formidable. Et les 23 heures 55 restantes, on en fait quoi ? »

Voilà la partie que la vidéo oublie mystérieusement de préciser. Votre organisme, lui, ne ferme pas l’application lorsque la vidéo se termine.

  • Votre journée continue.
  • Vos repas continuent.
  • Votre activité continue.
  • Votre nuit arrive.
  • Puis une autre journée recommence.

Cinq minutes peuvent parfaitement être utiles. Mais elles n’ont jamais obtenu le droit constitutionnel d’annuler les 23 heures 55 restantes.

Même chose lorsque quelqu’un me dit :

« Je fais 100 abdominaux tous les soirs, mais mon ventre ne change pas. »

J’ai presque envie de lui répondre :

« Très bien. Vos abdominaux ont reçu le message. Vous pouvez maintenant arrêter de leur envoyer le même courrier recommandé tous les soirs. »

Ils savent que vous existez. Le problème n’est plus là.

Et si quelqu’un me demande : « Je veux perdre du ventre. Tu connais un exercice ? », j’ai parfois envie de lui répondre :

« Oui. L’exercice consiste à arrêter de croire qu’un exercice va régler tout le problème. »

Je plaisante.

Enfin, pas totalement.

Parce que je peux évidemment vous montrer de très bons exercices. Mais si je ne sais rien de votre mental – votre objectif final, votre détermination, la raison qui vous pousse réellement à changer –, de votre sommeil, de votre alimentation, de votre activité quotidienne ni de la manière dont vous vous entraînez, je ne vous donne pas encore une stratégie : je vous donne simplement une nouvelle manière de transpirer.

Et, à ce moment-là, je ne me différencierais pas beaucoup du Fitness Chaotique. Lui adore satisfaire ce petit besoin de paresse que nous pouvons tous ressentir à certains moments : celui qui nous souffle qu’il doit forcément exister quelque part une solution permettant d’en faire le moins possible – avaler une gélule, essayer un exercice mystérieux prétendument caché au reste de l’humanité – tout en obtenant malgré tout le résultat que réclamerait normalement un ensemble de changements plus sérieux.

C’est très pratique pour se mettre en avant et vous donner l’impression que quelque chose de nouveau est enfin en train de se passer.

Pendant ce temps, vous tournez en rond. Parfois pire qu’un hamster dans sa cage : lui, au moins, lorsqu’il court sur sa roue, il sait qu’il fait du surplace. Et puis, entre nous, ça doit être plus amusant.

Et si vous ne voulez « surtout pas » d’abdominaux ?

J’ai également une réponse toute prête à cette phrase :

« Moi, je ne veux surtout pas d’abdominaux. Oh non, hein ! Les abdominaux, c’est “trop”. »

Très bien. On les refusera quand ils commenceront à frapper à la porte. D’accord ?

Pour le moment, créons déjà les conditions qui vous permettraient réellement d’avoir le choix.

Parce que refuser quelque chose que l’on n’est pas encore en mesure d’obtenir – et dont on reste parfois encore très loin lorsque l’on cherche surtout les solutions les plus faciles, que l’on manque de direction et que l’on s’égare dans le Fitness Chaotique – possède un petit côté aristocratique assez fascinant.

— Des abdominaux, monsieur ?
— Certainement pas. Faites-les repartir. Moi, je veux simplement un ventre plat, surtout pas une tablette de chocolat. (Et pendant qu’elle prononce « tablette de chocolat », cette personne est déjà en train d’imaginer celle qu’elle mangerait bien après le dîner.)

Doucement.

On n’en est pas encore là.

C’est un peu comme refuser de participer à la finale alors qu’on n’a même pas encore passé les qualifications. Ou comme annoncer que l’on ne veut surtout pas devenir une superstar de la pop à la Michael Jackson alors qu’on n’est pas encore capable de chanter trois notes sans malmener jusqu’aux oreilles du silence. Ou encore comme déclarer : « Moi, je ne veux pas devenir footballeur professionnel, je préfère ne pas me mettre cette pression », alors que le gars joue en quatrième division depuis quinze ans et termine chaque entraînement et chaque match avec quelques bières, histoire d’arrondir les angles.

Ou comme quelqu’un qui commence tout juste à s’intéresser à la politique – peut-être avec l’idée, un jour, de s’engager localement ou de devenir maire – mais qui tient déjà à préciser : « Président de la République ? Ah non, surtout pas. Je tiens trop à ma vie privée. »

Très bien. Mais avant de protéger votre vie privée contre les conséquences de l’Élysée, voyons déjà si quelqu’un vous confie les clés de la mairie.

Vous voyez l’idée.

Commençons déjà par nous qualifier, d’accord ?

Après, nous pourrons rediscuter tranquillement de la finale. Et lorsque vous aurez réellement le choix, vous déciderez vous-même jusqu’où vous souhaitez aller.

Il existe aussi, je pense, une dimension psychologique derrière certaines de ces phrases.

Viser les abdominaux peut sembler exigeant. Cela oblige à accepter que le résultat ne viendra probablement pas demain matin. Cela impose davantage de précision. Davantage de patience. Davantage de cohérence.

Il peut donc être psychologiquement plus confortable de diminuer l’objectif :

« De toute façon, je n’en veux pas, des abdominaux. »

Ainsi, si on ne l’atteint pas, on ne perd rien puisque ce n’était officiellement pas l’objectif.

Je préfère une autre approche.

Je vise haut sans transformer le sommet en jugement de ma valeur. Puis je me concentre sur la prochaine marche.

Visez haut. Agissez près.

L’alimentation : arrêtez de chercher le régime qui gagne la guerre des religions

Lorsque quelqu’un veut perdre du ventre, un autre réflexe apparaît rapidement : supprimer.

  • Supprimer le pain.
  • Supprimer les féculents.
  • Supprimer les lipides.
  • Supprimer le dessert.
  • Supprimer parfois tellement de choses qu’au bout de trois jours la personne pourrait regarder la table avec un appétit suspect.

Je préfère construire avant de retirer.

Les recherches comparant des approches alimentaires relativement pauvres en glucides ou relativement pauvres en lipides montrent quelque chose de rassurant : plusieurs organisations différentes peuvent fonctionner.

Vous n’avez donc pas besoin de rejoindre une religion nutritionnelle. Vous avez besoin d’une alimentation suffisamment bien organisée pour favoriser progressivement la perte de graisse, préserver votre masse musculaire, contrôler votre faim, soutenir votre entraînement et surtout pouvoir être maintenue.

Personnellement, je construis mes repas autour d’une alimentation équilibrée, qui repose évidemment sur quelques principes très simples.

Des protéines suffisantes

Les protéines sont particulièrement utiles lorsqu’on cherche à améliorer sa composition corporelle. Elles contribuent au maintien et au développement de la masse musculaire, rassasient généralement bien et leur digestion demande davantage d’énergie que celle des glucides ou des lipides.

Je ne considère absolument pas les protéines comme une poudre magique réservée aux pratiquants de musculation. Bien loin de là.

Et puisque nous parlons de poudre, profitons-en pour régler une vieille confusion : non, la protéine en poudre ne “gonfle” pas mystérieusement les muscles et ne fabrique pas de la “gonflette”. Une poudre protéinée est avant tout une manière pratique d’apporter des protéines. Le muscle, lui, ne pousse pas parce qu’il a aperçu un shaker au loin.

Croire le contraire revient souvent à répéter des « on-dit » sans avoir réellement cherché à comprendre ce qu’est une protéine, à quoi elle sert et comment le corps l’utilise. Et vous me connaissez : les perroquets sont de charmants animaux, mais je préfère éviter de leur confier mon éducation nutritionnelle.

Ce serait un peu comme croire que s’intéresser à la politique suffit pour devenir président de la République. Il manque tout de même quelques étapes entre les deux.

Alors écoutez-moi bien : les protéines sont une composante parfaitement normale d’une alimentation équilibrée. C’est tout. Elles existaient dans votre assiette bien avant que quelqu’un décide d’en mettre dans un pot avec un dessin de biceps dessus.

Et lorsque j’entends encore certaines personnes parler des protéines comme si elles appartenaient à un univers suspect réservé aux culturistes, cela me rappelle une autre confusion du même genre : croire que, puisque certaines personnes riches ont volé, devenir riche nécessiterait forcément de devenir voleur. On prend une association que l’on a observée quelque part et on la transforme en règle générale. Le raisonnement ne tient simplement pas debout.

Le problème pourrait presque prêter à sourire s’il s’arrêtait là. Mais ces idées se transmettent. On les répète à ses enfants, à ses proches, à ses amis ; eux-mêmes les répètent à leur tour, et une affirmation jamais réellement vérifiée finit par circuler comme une évidence.

C’est précisément pour cela que je préfère que vous compreniez ce que vous mangez plutôt que de vivre au rythme des « on m’a dit que ».

Les protéines ne sont ni un produit de gonflette ni un privilège de pratiquant de musculation. Elles font simplement partie des matériaux dont votre corps A BESOIN.

Des aliments rassasiants et riches en fibres

Fruits. Légumes. Légumineuses. Avoine. Orge. Céréales complètes lorsque vous les appréciez.

Les fibres peuvent aider la satiété et rendent souvent beaucoup plus facile la construction d’une alimentation que l’on tient sans avoir l’impression de lutter contre son estomac toute la journée.

Je me suis longtemps servi d’un filtre personnel d’environ deux grammes de fibres pour dix grammes de glucides afin d’évaluer rapidement certaines sources.

Je précise bien : c’est un repère pratique, pas une frontière physiologique universelle.

Et non, une glycémie un peu plus basse après un repas n’équivaut pas automatiquement à “brûler davantage de graisse”. La perte de graisse ne se résume pas à un interrupteur insuline ON/OFF.

Il faut toutefois apporter ici une précision importante : l’insuline joue bien un rôle dans la mobilisation des graisses. Lorsqu’elle est fortement élevée, elle freine temporairement la lipolyse, c’est-à-dire la libération des acides gras stockés dans les cellules graisseuses afin qu’ils puissent être utilisés comme source d’énergie. À l’inverse, lorsque l’insuline redescend suffisamment, cette mobilisation devient davantage possible.

C’est notamment pour cette raison que je recherche une glycémie relativement stable et, avec elle, une réponse insulinique mieux maîtrisée : créer un environnement qui permet au corps d’accéder plus facilement à ses réserves graisseuses au lieu de maintenir inutilement leur mobilisation sous frein.

Mais attention au mot « permet ». Permettre à la graisse d’être mobilisée ne signifie pas automatiquement qu’elle sera libérée en grande quantité, encore moins que vous allez perdre du gras efficacement. C’est une condition favorable au mécanisme, pas une garantie du résultat final.

De la même manière, après un repas, votre organisme peut momentanément privilégier le stockage et l’utilisation des nutriments qui viennent d’arriver, tandis que la mobilisation de vos réserves graisseuses diminue. Puis, lorsque cet environnement hormonal change, l’accès à ces réserves redevient plus important.

Voilà pourquoi je refuse les deux caricatures : non, l’insuline n’est pas un bouton magique qui explique à elle seule toute la prise ou toute la perte de graisse ; mais non plus, elle n’est pas un détail sans importance. Elle participe au contexte qui détermine à quel moment votre organisme stocke davantage d’énergie et à quel moment il peut plus facilement puiser dans ses réserves.

Et là encore, la possibilité de mobiliser de la graisse ne suffit pas à elle seule : encore faut-il que l’ensemble de votre alimentation, de votre dépense énergétique, de votre activité, de votre sommeil et de votre entraînement pousse durablement votre organisme dans la bonne direction.

Des lipides, oui. Une religion des lipides, non

Votre organisme a besoin de lipides. Vous n’avez donc aucune raison de chercher à les supprimer. Et oui, comme je l’explique dans mon ouvrage : il faut de la graisse pour brûler de la graisse.

Mais cette phrase mérite d’être comprise correctement. Elle ne signifie évidemment pas que plus vous mangez de gras, plus vous allez perdre de graisse corporelle. Se gaver de lipides sous prétexte qu’ils participent à certains mécanismes utiles reviendrait encore une fois à transformer un principe juste en caricature.

Les lipides doivent trouver leur juste place dans un repas équilibré, aux côtés des protéines et des glucides. L’objectif n’est donc ni de les supprimer ni de les laisser envahir l’assiette, mais d’en apporter une quantité adaptée et correctement dosée dans l’ensemble de votre alimentation.

Je privilégie notamment des sources alimentaires de qualité :

  • huile d’olive ;
  • fruits à coque ;
  • graines ;
  • avocat ;
  • poissons gras ;
  • œufs ;
  • et, selon vos préférences, d’autres sources parfaitement compatibles avec une alimentation équilibrée.

Je me méfie simplement des raccourcis du type « naturel = automatiquement meilleur » ou « bio = forcément parfait ». Un aliment ne devient pas miraculeusement supérieur simplement parce que le mot “bio” est écrit en gros sur l’emballage.

Comme toujours, ce qui m’intéresse n’est pas l’étiquette isolée, mais la qualité de l’aliment, la quantité consommée et la place qu’il occupe dans l’équilibre du repas et de l’alimentation entière.

Faites des aliments peu transformés votre base habituelle

Voilà un principe auquel je tiens beaucoup.

Cela ne signifie pas qu’un aliment transformé devient soudainement toxique parce qu’un humain l’a touché avant vous. Cela signifie que construire l’essentiel de votre alimentation autour d’aliments simples et peu ultra-transformés facilite souvent énormément la gestion de l’appétit et de l’apport énergétique.

Une expérience contrôlée particulièrement intéressante menée au NIH avait comparé deux alimentations proposées aux mêmes participants. Pendant la phase ultra-transformée, les personnes avaient spontanément consommé environ 500 calories supplémentaires par jour.

Ce n’est pas la preuve que chaque biscuit provoque instantanément une catastrophe nationale. C’est la preuve qu’un environnement alimentaire peut fortement influencer la quantité que nous mangeons sans même que nous nous en rendions compte.

Regardez également ce que vous buvez

Les calories liquides sont faciles à oublier.

  • Sodas.
  • Alcool.
  • Boissons sucrées.
  • Certaines boissons à base de café qui finissent par contenir davantage d’énergie qu’un petit repas.

Remplacer régulièrement ces boissons par de l’eau, du thé ou d’autres boissons peu caloriques peut sembler banal. Et pourtant, c’est parfois précisément ce dont vous avez besoin : du banal bien choisi, répété suffisamment longtemps.

J’adore le thé. Je serais donc parfaitement capable de vous écrire un article entier dessus. D’ailleurs, je l’ai déjà fait. Il est ici : Thé vert : hydratation, santé et perte de graisse

Ne cherchez pas à devenir le plus sec possible

Une précision importante.

Si quelques lignes abdominales vous plaisent, très bien. Si un ventre plat vous plaît, très bien. Mais davantage de définition ne signifie pas automatiquement davantage de santé, davantage de beauté ou davantage de prestige.

Arrêtons donc avec cette obsession de vouloir toujours devenir plus sec. Et pour quoi faire, d’ailleurs ?

Chercher à maintenir une masse grasse extrêmement basse peut finir par dégrader la récupération, les hormones, l’humeur, les performances et la santé générale lorsque l’énergie disponible devient insuffisante.

Mon objectif n’est pas de vous faire participer à une compétition imaginaire du pourcentage de graisse le plus bas, ni de vous faire courir après un physique extrêmement sec simplement parce qu’il correspond à l’image que certains passent leur vie à poursuivre dans une salle de sport.

Votre plus belle version sportive ne se résume surtout pas à un physique agréable à regarder.

Elle commence bien avant cela.

Elle se construit dans la personne que vous devenez : dans votre manière de penser, de dormir, de manger, de vous entraîner, de récupérer, de tenir vos engagements et de prendre soin de votre corps sans sacrifier votre vie pour lui.

Mon objectif est de vous aider à construire une forme physique remarquable sans sacrifier précisément ce que cette forme est censée améliorer :

  • votre santé ;
  • votre énergie ;
  • votre bien-être ;
  • vos performances ;
  • votre vie.

Chez CorpsFiit®, c’est aussi cela, révéler votre plus belle version sportive : construire une personnalité et un mode de vie capables de produire des actions cohérentes, suffisamment longtemps pour que votre corps puisse y répondre favorablement.

Et si vous le souhaitez, si votre niveau d’engagement le permet et si cet objectif vous correspond, cette progression peut également se traduire visiblement par un physique de plus en plus avantageux : un corps affûté, sculpté et performant.

Il ne s’agit pas simplement de « perdre du poids », ni de devenir « musclé » pour devenir musclé, ni de finir sec comme une planche oubliée en plein soleil au nom d’une définition toujours plus poussée.

Il s’agit de construire, selon votre niveau, votre engagement et votre objectif personnel, un corps qui reflète davantage de santé, d’énergie, de maîtrise, de capacités et de performance – avec, lorsque vous le souhaitez et que vous faites ce qu’il faut pour l’obtenir, une apparence qui progresse elle aussi.

Dix décisions que je veux vous voir prendre avant de chercher un nouveau « secret »

À ce stade, vous avez compris la mécanique.

Je veux maintenant la transformer en décisions concrètes.

Les conseils qui suivent pourront parfois vous sembler simples, voire contraires à ce que vous avez entendu pendant des années. Faites-moi simplement confiance sur un point : je suis passé par l’endroit où vous vous trouvez peut-être aujourd’hui.

Moi aussi, j’ai voulu ce ventre plat avec des abdominaux tellement bien dessinés qu’on aurait presque pu les encrer dans une bande dessinée Marvel. Moi aussi, j’ai cherché, testé, ajouté, corrigé, recommencé et cru qu’il existait forcément quelque part un détail supplémentaire capable d’accélérer tout le reste.

Je sais donc très bien à quel point le Fitness Chaotique peut être séduisant.

Il vous donne constamment quelque chose de nouveau à regarder : un exercice supplémentaire, un complément, une poudre, une pilule, une astuce, un protocole, une nouvelle règle, le fameux “truc que personne ne vous dit”, puis autre chose la semaine suivante. Et comme les réseaux sociaux récompensent naturellement ce qui attire l’attention, surprend, renouvelle ou promet une transformation rapide, vous pouvez finir par recevoir chaque jour davantage de nouveautés que de direction.

Le problème n’est même pas que tout ce que vous voyez soit forcément mauvais. Certaines informations peuvent être utiles. Le problème, c’est l’accumulation.

À force de recevoir chaque semaine une nouvelle pièce du puzzle sans jamais voir clairement l’image complète, certaines personnes finissent par croire qu’elles n’avancent pas parce qu’il leur manque encore une information.

Alors qu’il leur manque souvent tout autre chose : de la clarté. Une direction. Des priorités. Un système suffisamment cohérent pour savoir quoi faire, pourquoi le faire, dans quel ordre et suffisamment longtemps pour enfin laisser les résultats apparaître.

C’est précisément le Chaos qui vous prive de cette clarté – cette accumulation de nouveautés, de conseils, de promesses et de directions contradictoires – que je veux détruire.

Je pourrais évidemment réserver tout cela à ceux qui décident de travailler directement avec moi. C’est notamment le rôle de ma Consultation de clarté : examiner votre situation, identifier ce qui vous freine réellement et remettre de l’ordre là où vous ne savez plus quoi conserver, modifier ou abandonner.

Mais puisque vous êtes ici avec moi et que vous n’avez pas encore décidé d’investir dans cette consultation, je ne vais certainement pas vous laisser devant la porte en vous disant :

« Revenez avec votre carte bancaire et, peut-être, je vous expliquerai deux ou trois choses. »

Ce n’est pas ma manière de faire.

Je préfère déjà vous donner suffisamment de direction pour que vous puissiez arrêter d’espérer pour rien, arrêter de tourner en rond et recommencer à avancer. Parce qu’il serait quand même dommage de rester planté là comme un poteau électrique condamné à l’obscurité simplement parce que personne n’a pensé à changer l’ampoule.

Alors considérez les dix décisions qui suivent comme une petite caverne d’Ali Baba.

Sans les quarante voleurs.

Ici, personne ne va venir vous reprendre le trésor.

Tout ce qui suit est à vous.

Et si vous appliquez réellement ces principes au lieu de simplement les lire avant de repartir chercher une nouvelle astuce ailleurs, ils peuvent valoir infiniment plus pour votre transformation que le prochain “secret” que quelqu’un essaiera de vous vendre demain.

Alors prenez-les comme si vous veniez de gagner quelque chose de précieux. Parce qu’en réalité, c’est exactement ce qui vient de se passer.

1. Visez les abdominaux, mais travaillez sur votre journée

Décidez clairement de la destination. Puis arrêtez de vérifier toutes les dix minutes si vous êtes déjà arrivé.

Votre véritable terrain de transformation se trouve beaucoup plus près :

  • votre prochain repas ;
  • votre prochaine nuit ;
  • votre prochaine séance ;
  • votre prochaine décision.

C’est là que tout se joue. Et c’est précisément là que beaucoup de personnes passent à côté de quelque chose d’immense.

J’en vois certaines prêtes à dépenser des centaines, parfois plusieurs centaines d’euros, pour un nouveau complément, un protocole inédit, une méthode spectaculaire ou le fameux “truc que le monde entier ignore, sauf les 1 % qui savent”. Je m’en éloigne presque comme de la peste, parce que cette manière de penser incarne exactement ce que j’appelle le Fitness Chaotique : chercher toujours plus loin ce que l’on refuse encore de construire juste devant soi.

Car pendant qu’on cherche le secret rarissime, combien de personnes sont simplement capables de prendre un repas réellement équilibré ?

Combien respectent leur heure de coucher comme un rendez-vous impératif avec leur propre récupération ?

Combien réalisent une véritable séance d’entraînement intense du corps entier, adaptée à leur propre niveau, au lieu d’en faire soit trop peu, soit beaucoup trop, soit n’importe quoi ?

Très peu.

Et pourtant, voilà peut-être l’une des choses les plus précieuses que je puisse vous transmettre dans tout cet article :

vous ne réussirez probablement pas grâce à quelque chose d’extraordinaire. Vous réussirez lorsque les choses fondamentales deviendront extraordinairement solides.

Pas grâce à une accumulation de compléments, une nouvelle astuce tous les quinze jours ou une vidéo vous promettant enfin “le secret que personne ne connaît”.

Vous commencerez réellement à changer lorsque la base de votre hygiène de vie sera posée, comprise, consolidée puis entretenue suffisamment longtemps pour devenir presque impossible à renverser – tout en restant toujours améliorable.

Chez CorpsFiit®, cette base repose notamment sur quatre grandes fondations qui travaillent ensemble : le Mental d’athlète, le Sommeil régénérant, l’Alimentation équilibrée et l’Entraînement intense du corps entier, qu’il prenne la forme d’un fractionné pur ou d’un entraînement hybride lui aussi organisé en fractionné. Ce ne sont pas quatre cases décoratives à cocher. Ce sont quatre domaines qui influencent directement vos décisions, votre récupération, votre alimentation, votre capacité à fournir un effort pertinent et votre aptitude à répéter suffisamment longtemps les comportements qui transforment réellement votre corps.

Alors oui, visez les abdominaux si c’est ce que vous voulez.

Mais demain matin, ne commencez pas par regarder votre ventre. Commencez par regarder votre journée. C’est elle qui, répétée suffisamment souvent, finira par écrire ce que vous verrez dans le miroir.

Visez loin. Agissez à portée de main.

2. Retirez les abdominaux du centre de votre entraînement

Avant de chercher le meilleur exercice abdominal du monde, construisez d’abord un entraînement qui n’en dépend pas.

Votre programme devrait régulièrement vous amener à :

  • pousser ;
  • tirer ;
  • frapper – un sac de frappe, façon Mike Tyson, pas votre voisin ;
  • vous accroupir ;
  • porter ;
  • faire tourner une corde à sauter de vitesse – la corde, pas vous-même ;
  • courir ou vous déplacer ;
  • sauter – sur une box de 40, 50 ou 60 cm, pas en parachute.

Il s’agit ici de grandes actions physiques, pas de qualités à développer. La force, par exemple, n’est pas une action supplémentaire à ajouter à la liste : elle se construit progressivement à travers la manière dont vous réalisez et faites progresser ces actions.

Et non, cela ne signifie absolument pas que vous devez accomplir toutes ces actions à chaque séance. Selon la manière dont votre programme est construit, plusieurs d’entre elles peuvent être réunies au cours d’un même entraînement, réparties sur deux séances ou distribuées sur plusieurs jours. Ce qui compte, c’est que votre corps retrouve régulièrement, à l’échelle du programme, les grandes actions pour lesquelles il est conçu, plutôt que de passer séance après séance à poursuivre uniquement la brûlure de vos abdominaux.

Et oui, s’accroupir et se déplacer sont bien deux choses différentes : s’accroupir correspond à une action de flexion et d’extension des jambes sous résistance, tandis que se déplacer consiste à produire un mouvement locomoteur – marcher rapidement, courir, accélérer, changer de direction ou déplacer son corps dans l’espace.

En un mot : faites travailler l’ensemble de votre corps.

Puis ajoutez éventuellement un travail abdominal direct comme touche finale, notamment si vos abdominaux représentent chez vous un point faible, si vous souhaitez les renforcer, les endurcir ou davantage les développer.

La finition vient compléter la construction ; elle ne doit pas devenir toute la construction.

3. Arrêtez de mesurer votre sérieux au nombre de répétitions

100 crunchs ne prouvent rien. 200 non plus.

Cela me rappelle une scène assez récente.

Je sprintais en bas de chez moi lorsqu’un monsieur âgé, qui marchait avec sa femme, s’est arrêté. Ma vitesse l’avait interpellé, mon physique aussi, et nous avons commencé à discuter. Je lui ai parlé de CorpsFiit® et, au fil de la conversation, il m’a expliqué qu’il s’entraînait avec des haltères extrêmement légers.

De mémoire, il me semble qu’ils faisaient environ 2 kg. Ce dont je me souviens parfaitement, en revanche, c’est qu’ils étaient vraiment très légers pour lui.

Et là, avec une certaine fierté, il m’annonce qu’il réalise 100 répétitions avec chaque bras.

Hum… hum.

Je vous avoue que je suis resté un instant un peu déconcerté. Ma réponse a donc été :

« Ma foi, si cela correspond à votre niveau, que cela vous fait bouger et que vous y prenez plaisir, tant mieux. »

Je ne vais certainement pas venir arracher les haltères des mains d’un monsieur qui prend soin de lui.

Mais si vous êtes capable d’enchaîner 100 répétitions avec une charge sans qu’elle représente une résistance réellement exigeante, le nombre impressionnant de répétitions ne transforme pas automatiquement cet effort en entraînement particulièrement productif. Dans une telle situation, je préférerais largement réaliser, par exemple, 10 répétitions réellement exigeantes avec une charge adaptée plutôt que 100 répétitions avec une charge devenue presque symbolique : non pas parce que “plus lourd” serait toujours meilleur, mais parce que je cherche le meilleur rapport entre l’effort fourni, l’adaptation recherchée et le temps investi.

Et des exemples comme celui-là, j’en ai à la pelle. Celui-ci me vient simplement en premier parce qu’il est encore assez récent.

Vous pouvez accomplir énormément de quelque chose… sans que ce quelque chose mérite réellement autant de votre temps. Alors, avant de vous féliciter pour un nombre impressionnant de répétitions, posez-vous plutôt cette question :

« Est-ce que cet effort possède un rendement suffisamment élevé pour mériter mon temps ? »

Ne collectionnez pas les répétitions. Collectionnez les progrès.

4. Ne mangez pas moins au hasard : mangez mieux avec intention

Avant de supprimer un nouvel aliment, demandez-vous plutôt :

« À quoi devrait ressembler un repas que je pourrais manger régulièrement tout en progressant ? »

Eh bien, moi, je vais vous le dire.

Des protéines. Des aliments rassasiants. Des fruits et des légumes. Des glucides choisis intelligemment, autant en quantité qu’en qualité, avec une attention portée notamment aux fibres, aux vitamines, aux minéraux et au degré de transformation des aliments. Des lipides à leur juste place, de la meilleure qualité possible lorsque vous avez le choix, dosés avec précision et adaptés intelligemment lorsque la situation l’exige.

Je pourrais développer chacun de ces points pendant des pages, et c’est précisément ce que je fais dans mon ouvrage. Mais ici, retenez déjà ceci :

un bon repas n’est pas un repas qui vous punit. C’est un repas qui vous nourrit, vous rassasie, vous fait progresser et que vous pouvez avoir envie de refaire demain.

Et surtout – SURTOUT – il doit rester suffisamment agréable pour que vous n’ayez pas à compter les jours avant la fin de votre “régime de 21 jours”.

Parce que le monde est rempli de personnes qui se restreignent sans comprendre ni le comment ni le pourquoi. Et ça, j’ai toujours trouvé cela fascinant.

Imaginez que quelqu’un vous tende des instruments chirurgicaux et vous dise :

« Allez, aujourd’hui, on répare un cœur humain. »

Vous demanderiez immédiatement ce qu’il faut faire, pourquoi, dans quel ordre, avec quelles connaissances, quels risques et quelles conséquences. Vous ne vous lanceriez certainement pas au hasard en vous disant :

« On verra bien. »

Alors pourquoi faire exactement cela avec votre alimentation ?

Pourquoi commencer un régime dont vous ne comprenez ni la logique, ni la fonction, ni la raison pour laquelle il devrait produire le résultat que vous recherchez ? Pour avoir faim ? Être frustré ? Perdre quelques kilos sur la balance, dont une partie peut simplement correspondre à de l’eau et parfois aussi à de la masse musculaire, avec éventuellement un peu de graisse corporelle en moins ? Puis attendre patiemment la fin du régime pour retrouver vos bonnes vieilles mauvaises habitudes – celles-là mêmes qui ont participé au problème ayant déclenché le régime au départ ?

Vous voyez le cercle ?

Vous ne devez pas apprendre à survivre quelques semaines à une alimentation que vous détestez. Le Fitness Chaotique adore vous faire croire que cette solution radicale est la bonne. Mais non : c’est un peu comme arracher les feuilles d’un arbre en espérant le faire disparaître, tout en laissant ses racines parfaitement intactes.

Vous devez vous attaquer à la racine du problème : apprendre à construire une manière de manger que vous pouvez conserver, apprécier et faire progresser avec vous.

5. Rendez les mauvaises décisions plus difficiles

La volonté est utile. L’organisation l’est encore davantage.

Si vous savez que vous mangez n’importe quoi lorsque vous arrivez à table affamé, organisez vos repas avant d’atteindre cet état. C’est d’ailleurs l’un des grands principes de l’alimentation équilibrée que j’enseigne dans mon ouvrage : répartir intelligemment ses prises alimentaires peut notamment aider à mieux maîtriser la faim et à éviter d’arriver au repas suivant dans cet état où l’on ne choisit plus vraiment ce que l’on mange – on attaque ce qui passe à portée de fourchette.

Cette organisation participe également à une gestion plus régulière de la glycémie et de la réponse insulinique au fil de la journée. L’idée n’est évidemment pas de manger toutes les 20 minutes comme si votre existence entière devait tourner autour d’un Tupperware, mais d’éviter que plusieurs heures de désorganisation vous conduisent systématiquement au même résultat : trop faim, trop vite, trop de nourriture, et souvent de moins bons choix.

Même logique avec l’entraînement.

Si votre séance disparaît chaque fois que la journée se complique, donnez-lui une place avant que la journée décide à votre place.

Et là, je vais être un peu ferme avec vous : arrêtez de négocier éternellement.

À un moment, il faut décider.

Puis faire.

Oui, faire. Vous ne pouvez pas répéter : « Pourquoi je n’arrive pas à perdre ce ventre ? » tout en sacrifiant systématiquement les actions qui pourraient justement contribuer à le transformer.

L’entraînement n’est pas un petit loisir décoratif que l’on conserve uniquement lorsque tout le reste de la journée s’est déroulé exactement comme prévu.

La véritable discipline – celle que CorpsFiit® cherche à vous apprendre – consiste à préserver votre séance non seulement lorsque tout roule pour vous, mais aussi lorsque vous êtes énervé, déçu, fatigué mentalement ou simplement pas bien du tout moralement. Et c’est justement dans ces moments-là que vous pouvez être particulièrement fier de vous. Parce que lorsque vous devenez capable d’agir même quand votre humeur ne vous accompagne pas, vous cessez progressivement de dépendre des circonstances pour avancer.

Si Dieu le veut, c’est ainsi que vous devenez de plus en plus difficile à arrêter.

Alors, si vous avez décidé que l’entraînement fait partie de la personne que vous voulez devenir, traitez-le avec du respect.

Vous ne vous réveillez pas chaque matin en demandant à votre travail :

« Alors… aujourd’hui, est-ce que j’ai vraiment envie de venir ? »

La plupart du temps, vous y allez parce que vous avez pris un engagement.

Alors pourquoi accorder moins de sérieux à quelque chose qui est précisément censé améliorer votre santé, votre énergie, votre bien-être et vos performances ?

Et si vous constatez que vos mauvaises décisions se multiplient après une nuit de cinq heures, commencez par protéger votre sommeil.

Là encore, inutile d’organiser un procès contre l’humanité entière.

Vous avez dormi trop peu. Vous vous réveillez irritable, stressé, fatigué, parfois aigri, puis le monde entier devient soudain suspect de ne pas vous dérouler le tapis rouge lorsque vous allez aux toilettes – aux commodités, comme j’aime le dire. Votre environnement n’a pourtant pas forcément changé. Votre état, lui, a changé.

C’est exactement pour cela que je ne veux pas seulement que vous deveniez meilleur pour résister aux mauvaises décisions. Je veux que vous organisiez votre vie de manière à avoir moins souvent besoin d’y résister.

6. Regardez votre trajectoire, pas votre ventre chaque matin

Votre corps n’est pas une application qui se met à jour pendant la nuit avec une petite notification :

« Félicitations : – 3 mm de ventre depuis hier. »

Si vous commencez à mieux manger lundi et examinez votre ventre mardi comme si la livraison avait déjà du retard, vous allez devenir fou.

Regardez plutôt plusieurs semaines. J’ajouterais même : regardez plusieurs mois, si nécessaire. Mais à une condition : que vous fassiez réellement ce qu’il faut pour qu’une transformation puisse se produire. Je ne parle pas de répéter des régimes express, d’avaler des gélules “brûle-graisse” ou de suivre tous les mois un nouveau protocole Instagram de 30 jours censé vous offrir “les plus belles fesses du monde”. Parce qu’entre nous, si le protocole est mal construit, les plus belles fesses du monde finiront peut-être surtout par concourir dans la catégorie hippopotame.

Non.

Regardez des indicateurs réellement utiles :

  • votre tour de taille ;
  • des photos prises dans des conditions comparables ;
  • la manière dont vos vêtements tombent sur vous ;
  • vos performances ;
  • vos habitudes ;
  • votre évolution générale.

Et surtout, n’oubliez pas que certaines des mesures les plus importantes ne se prennent ni avec un mètre ruban ni devant un miroir. Elles se trouvent dans vos comportements :

  • les habitudes que vous répétez ;
  • les pensées que vous dirigez vers ce que vous voulez réellement construire ;
  • les décisions que vous prenez ;
  • votre assiduité ;
  • le respect que vous vous accordez ;
  • votre discipline ;
  • et, surtout, vos performances.

Parce qu’un corps qui progresse n’est pas seulement un corps qui change d’apparence : c’est aussi un corps qui devient capable de faire davantage, de mieux récupérer, de mieux répondre à l’effort et de supporter progressivement un niveau supérieur d’exigence.

Un résultat lent ne signifie pas qu’aucun résultat n’est en train de se construire.

7. Ne poursuivez pas la brûlure. Poursuivez l’adaptation

Une série qui brûle donne cette impression très rassurante que quelque chose d’important vient forcément de se produire.

Peut-être.

Mais une sensation intense n’est pas automatiquement un résultat important. Demandez-vous plutôt ce que l’exercice développe, pourquoi il existe dans votre programme et, surtout, si vous progressez réellement grâce à lui.

Chez CorpsFiit®, je ne veux tomber dans aucun des deux extrêmes.

D’un côté, il y a ceux qui choisissent systématiquement ce qui leur paraît le plus doux en espérant malgré tout obtenir toutes les adaptations d’un entraînement réellement exigeant. Le Pilates et le yoga, par exemple, peuvent parfaitement développer certaines qualités utiles – mobilité, contrôle corporel, équilibre, souplesse, endurance musculaire selon la pratique – et je n’ai aucune raison de les dénigrer. Mais une discipline utile n’a pas besoin de prétendre faire le travail de toutes les autres pour avoir de la valeur. Si votre objectif est également de développer fortement votre force, vos capacités cardiorespiratoires, votre puissance ou votre aptitude à produire des efforts intenses, il faudra entraîner ces qualités suffisamment directement.

Et puis, à l’autre extrême, il y a cette manière de découper le corps en tellement de morceaux qu’on finirait presque par lui établir un planning administratif :

  • Lundi, les abdominaux.
  • Mardi, les biceps.
  • Mercredi, les fessiers.
  • Jeudi, le cou.
  • Vendredi, les trapèzes.
  • Samedi, les mollets.
  • Et dimanche, pourquoi pas le muscle de l’auriculaire – sauf s’il est déjà occupé, auquel cas nous programmerons les muscles des yeux pour mardi prochain.

Vous voyez l’idée.

Chez CorpsFiit®, je préfère regarder l’être humain dans son ensemble.

On entraîne le corps entier pour devenir plus capable. Capable de se baisser. De pousser. De tirer. De porter. De courir. De sauter. De se relever. De produire de la force. De supporter un effort. Et, surtout, de conserver toutes ces capacités dans une vie réelle qui ne se déroule pas entre deux machines de musculation.

Vous n’avez pas nécessairement besoin de ressembler à un athlète de couverture pour posséder un corps athlétique dans ce qu’il sait faire. Voilà une distinction qui compte énormément pour moi :

La forme physique ne se résume pas à ce que votre corps montre. Elle se mesure aussi à ce que votre corps vous permet encore de vivre.

Certaines personnes finissent par ne plus pouvoir courir quelques mètres, sauter, s’accroupir confortablement, porter quelque chose de lourd ou simplement se relever facilement du sol. Et ce n’est pas une fatalité que l’on devrait accepter avec indifférence pendant qu’on répète fièrement : « Moi, je n’aime pas le sport. »

Vous n’êtes pas obligé d’aimer tous les sports du monde. Mais votre corps, lui, a besoin que vous l’utilisiez.

Parce qu’au fond, l’entraînement n’a jamais eu pour seule mission de faire brûler un muscle pendant 30 secondes ou de produire un joli reflet dans un miroir. Il participe à construire quelque chose de beaucoup plus vaste : une meilleure forme physique, davantage de capacités, de santé, d’énergie, de bien-être, de performance et de liberté dans votre propre vie.

Alors non, ne cherchez pas constamment la sensation la plus forte. Cherchez l’adaptation qui vous rapproche de la personne que vous voulez devenir.

La brûlure appartient à la séance. Le résultat appartient aux semaines qui suivent.

8. Donnez une seule mission aux exercices abdominaux

Je le répète parce que cette règle peut vous éviter énormément de confusion : lorsque vous faites des abdominaux, utilisez-les pour entraîner les abdominaux. Ne les utilisez jamais pour :

  • compenser votre alimentation ;
  • brûler localement votre graisse ;
  • réparer votre inactivité ;
  • remplacer un programme complet.

Donnez à chaque outil une mission précise, et laissez-le exceller à l’endroit où il est réellement utile.

9. Construisez une vie que vous aurez encore envie de vivre après le résultat

Si votre stratégie vous fait compter les jours avant de pouvoir :

  • enfin remanger “normalement” – c’est-à-dire très mal –,
  • enfin dormir “normalement” – c’est-à-dire à n’importe quelle heure –,
  • enfin ressortir “normalement” – c’est-à-dire vous mettre une cuite comme si votre foie vous avait personnellement offensé –,
  • ou simplement recommencer à vivre, c’est probablement que votre stratégie vous apprend surtout à supporter provisoirement une meilleure hygiène de vie, pas à mieux vivre.

Et dans ce cas, vous êtes peut-être déjà en train de préparer le retour en arrière.

Je préfère un ventre qui se transforme progressivement grâce à une vie que j’aime qu’un ventre qui se transforme rapidement grâce à une vie dont je compte les jours avant de pouvoir m’échapper – pour finalement retrouver quelques mois plus tard les habitudes qui avaient construit le problème au départ, parfois avec un résultat encore pire qu’avant.

La question que j’aimerais que vous vous posiez est beaucoup plus ambitieuse :

« Est-ce que je pourrais encore vivre comme cela dans dix ans ? »

Si la réponse est oui, là, vous tenez quelque chose de précieux.

Parce que dix années passées à mieux penser, mieux dormir, mieux manger, vous entraîner intelligemment, récupérer, rester actif et continuer à progresser ne ressemblent plus à un “régime” ou à une “phase de remise en forme”. Cela devient votre manière de vivre.

Et lorsqu’une bonne habitude devient suffisamment solide pour vous accompagner pendant dix ans, elle ne se contente plus de produire un résultat ponctuel : elle vous transforme continuellement. Votre corps, vos performances, votre maîtrise et vos décisions peuvent continuer à évoluer avec vous, année après année.

Ce que je prône avec CorpsFiit®, je ne veux donc pas que vous le suiviez quelques semaines avant de le ranger dans un tiroir avec vos anciennes bonnes résolutions. Je veux que vous puissiez l’intégrer à votre vie, l’adapter, le renforcer et continuer à progresser avec lui.

Si vous pouvez conserver vos nouvelles bonnes habitudes pendant dix ans, tout en continuant à les améliorer intelligemment, il devient extrêmement difficile de ne pas vous transformer. Et cette transformation n’a aucune raison de s’arrêter une fois le ventre plat obtenu : vous pouvez continuer à améliorer votre corps, vos performances, votre maîtrise et votre manière de vivre année après année. C’est exactement ce que signifie, pour moi, être « Toujours en progrès ».

Je veux pouvoir m’entraîner toute ma vie. Je veux que cela continue à faire partie de mon quotidien, que ce soit un plaisir, un loisir, mais aussi quelque chose que je sois encore physiquement capable de faire le plus longtemps possible.

Parce qu’il faut parfois se rappeler une évidence : certaines personnes ne peuvent déjà plus courir, sauter, se baisser facilement ou simplement bouger comme elles le voudraient. Alors lorsque nous avons encore cette capacité, nous possédons une chance immense. Autant nous en servir pendant qu’elle est là – et faire notre possible pour la conserver.

Je veux donc pouvoir m’entraîner sérieusement.

Puis aller au restaurant.

Voir mes proches.

Boire mon thé.

Travailler sur mes projets.

Profiter de ma vie.

Je ne veux pas porter une balance alimentaire au poignet comme une montre connectée ni avoir l’impression que chaque moment de liberté constitue une faute contre mon physique.

La transformation doit améliorer votre vie, pas la remplacer.

Et si la manière dont vous vivez aujourd’hui peut encore vous rendre meilleur dans dix ans, alors vous n’avez plus simplement trouvé une stratégie pour obtenir un résultat : vous avez construit une vie capable de continuer à vous transformer.

10. Avant d’ajouter quelque chose, cherchez ce qui mérite d’être corrigé

Vous voulez acheter un brûleur de graisse ? Regardez d’abord votre sommeil et votre alimentation.

Vous voulez ajouter 15 minutes d’abdominaux ? Regardez d’abord votre entraînement global.

Vous voulez tester un nouveau régime ? Regardez d’abord l’organisation de vos repas actuels.

Vous voulez acheter un complément ? Regardez d’abord ce que vous faites chaque jour.

Vous voulez accélérer ? Commencez d’abord par relâcher le frein. Et surtout, assurez-vous d’avoir choisi une direction : inutile d’appuyer sur l’accélérateur si vous tournez en rond… ou si vous êtes encore au point mort.

Avant d’ajouter un détail, inspectez les fondations. C’est moins excitant qu’un nouveau produit. Étrangement, c’est aussi beaucoup plus proche du résultat.

La brioche n’a pas signé un bail à vie

Si vous regardez aujourd’hui votre ventre avec résignation, j’aimerais vous rappeler quelque chose.

Cette graisse est là.

Très bien. Mais elle n’a reçu aucun titre de propriété. Elle n’a pas signé pour 30 ans. Elle n’est pas officiellement devenue membre de la famille.

La brioche n’a pas signé un bail à vie.

Votre corps actuel n’est pas une condamnation : il représente simplement votre situation actuelle. Et une situation peut évoluer lorsque les comportements qui l’entretiennent évoluent suffisamment longtemps.

Cela ne signifie pas que tout sera facile. Cela ne signifie pas que tout le monde obtiendra exactement la même apparence. Cela signifie simplement que vous disposez de leviers. Et cela change énormément de choses.

Ne nourrissez pas la brioche tout en licenciant les abdominaux

Il existe une absurdité que je vois souvent.

Toute la semaine, certaines habitudes continuent tranquillement à entretenir le problème. Puis, trois fois par semaine, on demande aux abdominaux de réparer les dégâts en dix minutes.

Les pauvres.

Ils n’ont rien demandé.

Puis, après quelques semaines :

« Mes abdos ne servent à rien. »

Ne nourrissez pas la brioche tout en licenciant les abdominaux parce qu’ils ne l’ont pas fait disparaître. Ils ne sont pas responsables de votre organisation.

Voilà pourquoi je refuse aujourd’hui de placer la responsabilité sur un muscle. J’organise l’ensemble. Et lorsque l’ensemble progresse, le ventre peut suivre.

Vous n’avez probablement pas besoin d’une solution supplémentaire

Certaines personnes évitent la solution précisément parce qu’elle leur demanderait de l’énergie.

Le problème, c’est qu’elles n’ont justement plus beaucoup d’énergie disponible – souvent parce qu’elles ne possèdent pas encore l’organisation, les habitudes ou la direction qui leur permettraient de mieux la produire, de la protéger et de l’investir dans ce qui compte vraiment.

Alors elles cherchent.

  • Une nouvelle méthode.
  • Un nouveau programme.
  • Un nouveau complément.
  • Une nouvelle astuce.
  • Une nouvelle application.
  • Un nouveau défi de 30 jours.

Parce que chercher donne l’impression d’avancer sans encore avoir à changer profondément sa manière d’agir.

Et c’est ainsi que vous pouvez finir par posséder une bibliothèque entière de solutions tout en conservant exactement le même problème.

Personnellement, je ne veux pas collectionner les solutions : je veux collectionner les résultats.

Et pour obtenir des résultats, il faut parfois arrêter de chercher ce qu’il faudrait encore ajouter, puis commencer à maîtriser ce que l’on sait déjà devoir faire.

  • Maîtriser son mental.
  • Maîtriser davantage son sommeil.
  • Maîtriser son alimentation.
  • Maîtriser son entraînement.
  • Maîtriser progressivement ses habitudes, ses décisions et l’utilisation de son énergie.

Parce qu’à force de chercher partout une nouvelle réponse, vous pouvez finir par passer juste à côté de celle qui était déjà devant vous.

Vos abdominaux ne sont peut-être pas absents ; ils attendent simplement que vous cessiez de les chercher au mauvais endroit.

Alors, qu’est-ce qu’un ventre plat demande réellement ?

Si je devais désormais résumer tout cet article en une seule architecture, je dirais ceci.

Vous avez besoin d’une direction mentale suffisamment claire pour savoir exactement ce que vous cherchez et éviter de vous laisser détourner chaque semaine par une nouvelle promesse que le Fitness Chaotique viendra déposer sous votre nez — toujours sous une forme différente, toujours suffisamment séduisante pour vous donner envie de repartir ailleurs.

Vous avez besoin d’un sommeil suffisamment bon pour récupérer, préserver votre énergie et pouvoir répéter vos efforts dans de bonnes conditions.

Vous avez besoin d’une alimentation capable de vous aider progressivement à réduire votre graisse corporelle sans sacrifier inutilement vos muscles, votre santé ni le plaisir de vivre.

Vous avez besoin d’un entraînement qui donne la priorité au corps entier, développe vos capacités et utilise votre temps avec intelligence.

Puis, si vous le souhaitez, vous ajoutez un travail abdominal direct afin de renforcer ou de développer davantage cette zone.

Voilà l’ordre.

Surtout pas :

  • abdos ;
  • abdos ;
  • gélule ;
  • abdos ;
  • régime express ;
  • abdos ;
  • injection hebdomadaire utilisée comme raccourci sans rien remettre d’autre en ordre ;
  • désespoir ;
  • nouveau test choisi presque au hasard ;
  • encore davantage de désespoir ;
  • puis abandon complet parce qu’après avoir tout essayé dans le désordre, on finit par croire que plus rien ne fonctionne.

Je préfère quelque chose de beaucoup plus structuré :

  1. Un Mental d’athlète.
  2. Un Sommeil régénérant.
  3. Une Alimentation équilibrée.
  4. Un Entraînement intense du corps entier.

Et seulement ensuite viennent les détails utiles.

Pas parce que je veux transformer votre vie en camp militaire.

Exactement l’inverse.

Je veux retirer le superflu, faire taire le bruit et concentrer votre temps, votre énergie et votre attention sur ce qui mérite réellement vos efforts – afin que votre transformation prenne enfin une direction suffisamment claire pour pouvoir durer.

Vous êtes venu chercher des abdominaux. J’espère que vous repartirez avec beaucoup plus.

Lorsque vous avez ouvert cet article, peut-être vouliez-vous simplement savoir comment perdre votre ventre.

J’espère qu’à présent vous regardez le problème autrement.

Je ne veux surtout pas que votre seule conclusion soit :

« Bon, j’ai appris quelques trucs sur les abdominaux. »

Ce serait beaucoup trop petit.

Je veux que vous releviez la tête. Je veux que vous regardiez votre ventre différemment. Et surtout, que vous vous regardiez vous-même différemment.

Votre ventre actuel n’est pas une condamnation. Vos abdominaux ne sont pas réservés à une catégorie mystérieuse d’êtres humains qui auraient reçu, dès la naissance, un passe-droit génétique pour afficher un ventre parfaitement dessiné.

Vous possédez un corps.

Ce corps peut changer.

Mais vous devez cesser de lui demander de changer grâce à des actions qui changent presque rien.

Je veux provoquer une libération.

La fin de cette croyance selon laquelle vous devriez passer votre vie à faire des abdominaux pour obtenir des abdominaux.

La fin des programmes qui transforment dix minutes de crunchs en événement national.

La fin des gélules qui promettent de faire ce que votre mode de vie refuse encore de faire.

La fin des méthodes de quelques jours suffisamment pénibles pour vous donner l’impression qu’elles doivent forcément fonctionner.

La fin de cette recherche permanente du “prochain petit truc”.

Vous pouvez arrêter.

Pas arrêter de progresser ; arrêter de vous disperser.

Vous n’avez pas besoin d’en faire toujours davantage. Vous avez besoin de faire davantage de ce qui compte et beaucoup moins du reste.

À partir du moment où vous comprenez cela, votre ventre n’est plus un problème isolé qu’il faudrait torturer jusqu’à ce qu’il capitule. Il devient l’une des conséquences visibles d’un ensemble que vous pouvez progressivement apprendre à maîtriser.

  • Votre mental.
  • Votre sommeil.
  • Votre alimentation.
  • Votre entraînement.
  • Vos habitudes.
  • Votre organisation.
  • Vos décisions.
  • Votre capacité à continuer alors que le miroir n’a pas encore applaudi.

Et là, quelque chose devient beaucoup plus intéressant.

Vous ne cherchez plus seulement à “perdre du ventre”. Vous apprenez à construire une manière de vivre capable de produire un corps plus affûté.

Vous ne cherchez plus l’exercice miracle. Vous apprenez à vous entraîner.

Vous ne cherchez plus l’aliment parfait. Vous apprenez à manger.

Vous ne cherchez plus la motivation parfaite. Vous apprenez à agir – une distinction que je développe plus en profondeur dans mon article Comment rester motivé sans dépendre de la motivation.

Et j’aimerais que cette idée provoque chez vous non pas de la culpabilité, mais exactement l’inverse :

« Bon sang… alors je peux réellement faire quelque chose. »

Oui.

Vous pouvez.

Aujourd’hui.

Vous pouvez organiser votre prochain repas avec davantage d’intelligence.

Vous pouvez décider à quelle heure vous allez dormir.

Vous pouvez arrêter de perdre 30 minutes à chercher le meilleur exercice abdominal de la planète et consacrer ce temps à un entraînement qui mobilise réellement votre corps.

Vous pouvez cesser d’acheter ce qui prétend remplacer vos efforts.

Vous pouvez commencer à protéger les efforts qui méritent d’exister.

Et peut-être que votre objectif peut devenir plus grand que :

« J’aimerais avoir un peu moins de ventre. »

Peut-être qu’il peut devenir :

« Je veux découvrir jusqu’où je peux emmener mon propre corps. »

Là, nous ne parlons déjà plus simplement d’abdominaux ; nous parlons de progression.

Je veux que vous osiez viser haut.

« Pourquoi pas moi ? »

Pourquoi ne pourriez-vous pas avoir un ventre plat ?

Pourquoi ne pourriez-vous pas commencer un jour à voir certaines lignes apparaître ?

Pas pour ressembler à moi. Ni pour ressembler au mannequin d’une publicité. Mais pour découvrir votre propre version.

  • Votre morphologie.
  • Votre corps.
  • Vos lignes.
  • Votre progression.

Je ne veux pas fabriquer des copies. Je veux que chacun découvre jusqu’où il peut aller. Et surtout, je veux que vous compreniez ceci :

vous n’avez pas besoin de vivre pour votre ventre afin d’avoir un ventre remarquable.

Je ne veux pas que vous refusiez une soirée avec vos proches parce que votre nombril possède un rendez-vous stratégique avec une feuille de salade. Je ne veux pas que vous transformiez votre existence en préparation permanente pour une photographie torse nu.

Je veux quelque chose de beaucoup plus ambitieux.

Je veux que votre corps s’intègre à votre vie au lieu que votre vie soit sacrifiée à votre corps.

Autrement dit, je veux que vous puissiez rechercher tout cela sans avoir à construire votre existence entière autour :

  • être en forme ;
  • être athlétique ;
  • être affûté ;
  • être performant ;
  • être fier lorsque vous vous regardez.

Puis remettre votre tee-shirt et aller vivre.

Voilà le niveau.

Alors oui, visez peut-être les abdominaux. Puis oubliez momentanément le sommet.

Occupez-vous de la prochaine marche.

Demain matin, votre mission n’est pas de vous réveiller avec un six-pack. Votre mission consiste à prendre une première décision digne de la personne qui pourrait un jour l’avoir. Puis, au repas suivant, à en prendre une autre. Puis, plus tard dans la journée, à en prendre encore une autre – dans votre manière de manger, de vous entraîner au moment prévu, de récupérer, de préparer votre sommeil et de tenir les engagements que vous avez pris envers vous-même.

C’est ainsi qu’un objectif lointain commence à devenir une transformation réelle.

Et lorsque vous aurez répété suffisamment longtemps ces décisions, quelque chose de beaucoup plus profond commencera à se produire. Le physique que vous poursuiviez cessera progressivement d’exister uniquement dans votre tête : il deviendra la conséquence visible de la personne que vous êtes en train de construire.

Au début, vous vouliez simplement perdre votre ventre. Puis vous avez appris à mieux manger. À mieux dormir. À mieux vous entraîner. À mieux choisir. À mieux résister aux promesses absurdes. À mieux investir votre temps. À devenir davantage maître de vous-même.

Vous étiez venu chercher des abdominaux. Vous êtes reparti avec beaucoup plus.

Et si, quelques mois plus tard, les premières lignes apparaissent dans votre miroir, je ne veux pas que vous pensiez :

« Enfin, j’ai trouvé le secret. »

Je veux que vous souriiez.

Parce que vous aurez compris.

Il n’y avait jamais eu de secret. Il y avait une direction. Des fondations. Des efforts bien placés. Du temps. De la constance. Et une personne qui avait enfin décidé d’arrêter de chercher le raccourci pour commencer à construire le chemin.

Alors regardez une dernière fois votre ventre si vous le souhaitez. Mais au lieu de lui demander : « Pourquoi tu ne changes pas ? », dites-vous simplement :

« Très bien. Maintenant, c’est moi qui change. »

Puis commencez.

Visez les abdominaux si cette destination vous inspire. Mais ne donnez pas votre vie à vos abdominaux.

Donnez à votre vie une direction capable de les révéler.


Et vous ?

Quelle est aujourd’hui l’habitude que vous cherchez encore à compenser par un “petit truc”, alors qu’elle mériterait peut-être simplement d’être remise en ordre ?

Partagez votre expérience, votre réflexion ou votre désaccord dans les commentaires. Je lis personnellement chaque commentaire et je prendrai le temps de vous répondre.

Kerim Yilmaz — fondateur de CorpsFiit®, une philosophie de vie corps-esprit

Le problème de beaucoup de sportifs n’est pas qu’ils manquent d’efforts : c’est qu’ils consacrent énormément de temps, d’énergie et de volonté à leur progression sans obtenir des résultats à la hauteur de tout ce qu’ils investissent. Perdus dans le Fitness Chaotique, ils accumulent les exercices, les méthodes et les heures d’entraînement, convaincus qu’il faudrait toujours en faire davantage pour obtenir davantage. Jusqu’à épuiser leur temps, leur énergie… sans atteindre les résultats qu’ils pourraient réellement obtenir avec des efforts mieux organisés. CorpsFiit® ne condamne pas l’effort abondant. Il condamne l’effort gaspillé. J’ai créé CorpsFiit® pour faire exactement l’inverse : réunir le mental, le sommeil, l’alimentation et l’entraînement dans une philosophie de vie corps-esprit claire, structurée et orientée vers l’essentiel. L’objectif : révéler votre plus belle version sportive – affûtée, sculptée et performante – avec moins de 2 heures d’entraînement intense et structuré par semaine. Non pas pour s’entraîner le moins possible, mais pour s’entraîner juste ce qu’il faut, grâce à des efforts mieux choisis, mieux organisés et réellement capables de produire les adaptations recherchées. Et si vous aimez marcher, courir, nager, pédaler, jouer ou même vous entraîner davantage simplement parce que cela vous fait du bien, CorpsFiit® ne vous demande pas d’y renoncer. Faire plus doit pouvoir rester un choix – jamais une dette à payer pour espérer progresser. Parce que l’excellence ne consiste pas à en faire toujours plus, mais à obtenir davantage de chaque effort – sans gaspiller votre temps, votre énergie ni votre vie.

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