Vous faites des abdominaux. Vous en avez toujours fait.
Et quelque part, vous y croyez encore. Pas tout à fait, mais assez pour continuer.
Des séries. Des répétitions. Une forme de fidélité presque respectable. Une loyauté muette, presque touchante. Parfois même de la douleur, comme si elle devait finir par convaincre le corps, comme si elle devait ouvrir la voie, comme si, à force d’insister, quelque chose allait enfin s’effacer.
Mais rien ne s’efface.
Et ça, vous le sentez, non seulement dans le miroir, mais dans le doute. Et pourtant, rien ne bascule.
Le ventre résiste. Il ne s’aplatit pas vraiment. Il ne montre rien. Ou plutôt, disons-le franchement, il ne vous rend rien.
Alors vous insistez.
C’est humain.
Vous ajoutez. Vous durcissez. Vous serrez. Un peu plus d’exercices, un peu plus de contrôle, un peu plus d’attention posée sur cette zone précise.
Et plus le regard s’accroche au ventre, plus le ventre se ferme. Ce n’est ni un manque de volonté, ni un problème de discipline. C’est plus dérangeant que cela. C’est plus fin. Plus insidieux.
Car pendant que vous vous acharnez au bon endroit, du moins en apparence, le corps, lui, répond ailleurs, ou ne répond pas du tout, comme s’il suivait une autre voie que celle que vous lui imposez. Comme s’il refusait d’entrer dans votre jeu. Comme si viser le ventre empêchait précisément le ventre de changer.
Arrêtez-vous une seconde, non pour en faire davantage, mais pour regarder autrement.
Et si le vrai problème ne venait pas de ce que vous faites, mais de ce que vous croyez devoir viser ?







